<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss xmlns:iweb="http://www.apple.com/iweb" version="2.0">
  <channel>
    <title>Juristudiant</title>
    <link>http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant.html</link>
    <description>L’association Juristudiant.com organise sur le campus de la faculté de droit de Nancy une fois par semestre une conférence débat que vous retrouverez ci-dessous :&lt;br/&gt;</description>
    <generator>iWeb 2.0.3</generator>
    <image>
      <url>http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant_files/logo-filtered.gif</url>
      <title>Juristudiant</title>
      <link>http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant.html</link>
    </image>
    <item>
      <title>Quel avenir pour l'universite française?</title>
      <link>http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2008/2/28_Quel_avenir_pour_luniversite_fran%C3%A7aise.html</link>
      <guid isPermaLink="false">f9536a89-7105-4905-968b-191850292ea3</guid>
      <pubDate>Thu, 28 Feb 2008 21:35:08 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2008/2/28_Quel_avenir_pour_luniversite_fran%C3%A7aise_files/DSCN0303.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Media/DSCN0303.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:176px; height:132px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;La septème rencontre Juristudiant s'est déroulée jeudi 7 février 2008 avec pour thème &quot; Quel avenir pour l’université française ?&quot;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous remercions l'association des anciens étudiants et amis de la faculté de droit de Nancy, la faculté de droit de Nancy, l’Université Nancy 2, l’association Feden, et nos intervenants :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;M. François LEPOULTIER, Président de l’Université de Nancy &lt;br/&gt;Melle Caroline CARLOT, expert du processus de Bologne&lt;br/&gt;M. Alain ANTOINE, expert du processus de Bologne&lt;br/&gt;M. Jean-Luc LAMBOLEY, expert du processus de Bologne&lt;br/&gt;M. Daniel LAURENT, co-président du comité STAPRO&lt;br/&gt;</description>
      <enclosure url="http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2008/2/28_Quel_avenir_pour_luniversite_fran%C3%A7aise_files/DSCN0303.jpg" length="87358" type="image/jpeg"/>
    </item>
    <item>
      <title>La place du droit social français dans l’Union Européenne</title>
      <link>http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2007/10/4_La_place_du_droit_social_fran%C3%A7ais_dans_l%E2%80%99Union_Europ%C3%A9enne.html</link>
      <guid isPermaLink="false">a360b34d-f32f-42cd-ac0b-4e29ba24a340</guid>
      <pubDate>Thu, 4 Oct 2007 12:05:45 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2007/10/4_La_place_du_droit_social_fran%C3%A7ais_dans_l%E2%80%99Union_Europ%C3%A9enne_files/logo.gif&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Media/logo.gif&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:227px; height:103px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;La sixième rencontre Juristudiant s'est déroulée mardi 17 avril 2007 avec pour thème &quot; La place du droit social français dans l’Union Européenne&quot;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous remercions l'association des anciens étudiants et amis de la faculté de droit de Nancy, coorganisateurs de l'évènement, et nos intervenants, Maître Vincent LOQUET, avocat au barreau de Nancy, et Monsieur Jean-Michel GASSER, maître de conférences à la faculté de droit de Nancy, pour avoir animé cette rencontre.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
      <enclosure url="http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2007/10/4_La_place_du_droit_social_fran%C3%A7ais_dans_l%E2%80%99Union_Europ%C3%A9enne_files/logo.gif" length="7628" type="image/gif"/>
    </item>
    <item>
      <title>Vers une VIème République?</title>
      <link>http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2007/10/4_Vers_une_VI%C3%A8me_R%C3%A9publique.html</link>
      <guid isPermaLink="false">3d31f174-ec17-48b3-998f-1b291d11b589</guid>
      <pubDate>Thu, 4 Oct 2007 12:05:42 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2007/10/4_Vers_une_VI%C3%A8me_R%C3%A9publique_files/DSC00193.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Media/DSC00193.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:176px; height:132px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;La cinquième rencontre Juristudiant s'est déroulée le vendredi 24 novembre 2006 avec pour thème &quot; Vers une VIème République? &quot;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous remercions l'association des anciens étudiants et amis de la faculté de droit de Nancy, coorganisateurs de l'évènement, et nos intervenants, M. Fabrice GARTNER, professeur de droit public à la faculté de droit de Nancy, M. Stéphane PIERRE-CAPS, professeur de droit public à la faculté de droit de Nancy et M. Eric GERMAIN, maître de conférences à la faculté de droit de Nancy, pour avoir animé avec brio et compétence cette rencontre.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Vous trouverez ci-dessous les notes prises au cours de la conférence.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les photos de la cinquième rencontre Juristudiant sont disponibles&lt;a href=&quot;../Photos.html&quot;&gt; ici.&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;=&gt; Intervention de M. Germain&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Montebourg -&gt; inclure dans le projet du futur président de la République de modifier la constitution, au risque de dépouiller le président de ses pouvoirs ?&lt;br/&gt;La Vème RF est un régime quasi-présidentiel ; ce régime est critiquable. Il dénote un affaiblissement du Parlement, devenu une véritable chambre d'enregistrement. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il convient de s'interroger sur le rôle du premier ministre : doit-il être considéré comme soumis au Président ? Ou en conflit avec ce dernier, ou, ailleurs, mener une autre politique, et c'est l'hypothèse de la cohabitation. Dans ce cas on est dans dans un système de dyarchie : il y a deux têtes, voire une tête de trop.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;On peut penser qu'il faut supprimer l'une de ces têtes - mais laquelle ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Supprimons le premier ministre d'abord : on en fait un ministre chargé de la coordination des actions des ministres. Il s'agit d'une orientation présidentielle du système : il n'y a plus de dissolution possible, on suit le modèle américain. Est-ce possible en France ? Nous ne sommes pas les Etats Unis. Ceux-ci ont des critères propres : c'est un système fédéral, le Sénat a des pouvoirs extraordinaires... Ceci n'est pas transposable en France. La bipolarisation américaine est en effet réelle, souple, elle permet après les élections la création de majorités d'idées : les partis ont beau être opposés, ils ont néanmoins des idées communes, un socle de base qu'ils sont prêts à défendre en travaillant ensemble. Et en France, ce n'est pas la mentalité. Un tel changement serait vain.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Supprimons à présent le président, faisons-en un représentant de la France, assistant aux cérémonies officielles, inaugurations et autres. Le premier ministre se verrait alors transposer les pouvoirs du Président, il faudrait qu'il ait la confiance du Parlement, que celui-ci le soutienne dans ses actions. Ici, on est dans le parlementarisme rationnalisé. &lt;br/&gt;Or, le Président resterait élu au suffrage universel direct ! Que fera-t-il, élu par le peuple, légitimé, mais simple représentant ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Voilà la vanité des évolutions, qui démontrent les difficultés des Républiques. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Premier point de ces difficultés, le peuple est écarté du pouvoir. La démocratie représentative fonctionne mal, il n'y a pas de débat populaire. Il faut donc s'interroger : comment associer le peuple, les citoyens, les personnes, à la vie politique ? &lt;br/&gt;Une solution est possible : réinstaurer la démocratie directe, un veto populaire, conférer au peuple une initiative législative. Cela remet en considération la place du Parlement, en lui redonnant de la valeur. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ensuite, les droits et libertés publiques du citoyen sont bafoués. Il faudrait pouvoir les défendre directement par un contrôle de constitutionnalité, et celui-ci est en France insuffisant. Pourquoi ne pas instituer une Cour constitutionnelle ? La composition du Conseil constitutionnel doit en effet être revue : comment confier le sort des lois à neuf sages uniquement ? Il faudrait également permettre l'établissement d'un recours par voie d'exception par le biais des questions préjudicielles. En un mot, moderniser la vie et le droit. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il manque également un statut de l'opposition, alors qu'elle monte parfois à 45% des électeurs. Elle est pour l'instant reléguée dans le rôle médiocre de critique. Le but est de créer un débat mâture pour la population.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le noeud gordien, pour ainsi dire, c'est donc le système électoral : est-il bon ? Quinquennat, parti dominant... ne vaudrait-il pas mieux une nouvelle loi électorale ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le modèle de l'Allemagne, sauf pour les dernières élections, pourrait constituer un élément de réflexion de la démocratie... afin que les citoyens ne soient pas tous des citoyens assistés. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;=&gt; Intervention de M. Pierre-Caps&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Commençons par une remarque sémantique : pourquoi parler de &quot; VI &quot; ème République ? C'est surtout un coup politique, un coup marketing que les médias apprécient. Lors de la présentation du livre de Montebourg et Bastien François, la question leur a été posée : pourquoi ce thème du &quot; changement &quot; constitutionnel, qui est un thème constant ? La réponse : parler de la Vème République n'intéresse pas les gens, parler de la VIème oui. La &quot; VIème République &quot;, c'est un produit d'appel. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Que dire de cette manie du changement de constitution française ? Les changements ont parfois été faits avec soins, ce fut le cas de la IVème RF, parfois dans la précipitation ( lois de 1875 ), à tel point qu'on a eu plus de 14 textes constitutionnels. Pourtant, en Angleterre, les bases coutumières de la Constitution sont anciennes, la dernière révolution date du XVIIIème siècle. Aux Etats Unis, la Constitution est la plus ancienne, elle date de 1787. Ces textes ont été rédigés à un moment donné pour des situations. Les situations ont évolué, mais le texte, lui, n'a pas forcément eu besoin de changement.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Une Constitution, à quoi sert-elle ? A gouverner. Sur ce point, la Constitution de 1958 n'a pas failli. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le gouvernement devait pouvoir gouverner même en l'absence de majorité parlementaire - réaction aux instabilités de la IIIème RF. On peut critiquer le texte de la IVème RF : il n'a pas été mal fait, mais le personnel politique de l'époque n'a pas su l'exploiter du fait des partis politiques ( gaullistes et communistes ne trouvant pas d'accord ).&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Plusieurs hypothèses : le président peut-il torpiller la Vème RF ? De Gaulle l'a fait avec la IVème RF : c'est une peu le dernier qui sort qui éteint la lumière. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Faut-il supprimer l'élection du Président au suffrage universel direct ? C'est possible si le premier ministre est lui élu au suffrage universel direct - c'est le cas en Israel.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;On peut penser également supprimer le premier ministre -&gt; droit constitutionnel fiction. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La réduction du mandat est à ce titre une erreur : il fallait demander une limitation à deux mandats. Mais la position du premier ministre est instable, sous ce système il ne peut que gouverner, de plus en plus : c'est un régime présidentiel. Aux Etats Unis, le régime est présidentiel car la culture est celle du compromis effectué sur des choix fondamentaux, car on sait que les fondements communs ne seront pas remis en cause.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Or en France, on a vu qu'une séparation rigide ne fonctionne pas. Peut-on parler de régime primoministériel ? Comment gérer une majorité parlementaire ? Sous la III et IVème RF, il y avait une dissociation car la majorité politique était de circonstance, le Parlement tenait le gouvernement. Vertu de la Vème RF, psychodrame : création d'un &quot; fait majoritaire &quot;, d'une majorité de gouvernement se structurant par rapport au Président, le soutenant ou s'y opposant.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le reste, les autres questions, c'est du mécano institutionnel, perfectible. Mais la Constitution est la règle du jeu, elle n'est ni de droite, ni de gauche. Conservons-la, elle est précieuse, montrons que nous sommes politiquement mûrs. Pour reprendre Malraux, ce sont les hommes qui font les institutions, non les institutions qui font les hommes. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;=&gt; Intervention de M. Gartner&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pourquoi ne pas créer la VIIème République, ça c'est original ! &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C'est la question tarte à la crème, la VIème RF, mais qu'en pensent les électeurs lambda, Mimile, Marcel, qui ne sont pas au fait du droit constitutionnel ? Comment les électeurs moyens le prennent-ils ? Tout dépend de la façon dont on leur parle, la grosse ficelle utilisée par les médias et les politiques est la &quot; démocratie participative &quot;. C'est une formule idiote. La démocratie, c'est la participation du peuple au pouvoir. Ce serait donc un énorme pléonasme de la qualifier de participative, car cela signifierait qu'en France, il n'y a plus de démocratie - au point qu'il faille la renforcer. Pourtant, dans la Constitution, on trouve toujours &quot; la souveraineté appartient au peuple &quot;. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Hypothèses :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le peuple ne s'investit-il pas dans l'élection des normes ? Le système existe, c'est le référendum... mais le peuple ne comprend pas les questions, trop nombreuses, trop complexes, et ne peut répondre. Il existe de plus un référendum local. Alors, il n'y a aucun besoin de changement de la Constitution. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le peuple peut-il dégommer ses dirigeants alors ? Mais selon quelles modalités ? Initiative législative, institution d'une procédure supplémentaire ? On n'est pas en Suisse, le peuple ne peut gouverner tous les jours, ou remplir des petits bulletins d'euromillions avec des cases. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;D'où il faudrait des intermédiaires, des représentants élus par le peuple, traduisant sa pensée et contrôlant le gouvernement... ça existe, c'est le Parlement. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Or, pour la Vème RF, il n'y a qu'un seul affrontement, celui des gouvernants et du peuple ; le Parlement est zappé. On a parle de la démocratie agenouillée devant le peuple, ce qui s'est illustré avec le CPE : la loi a été avalée par le Parlement, le peuple a protesté, le Parlement l'a recrachée et s'est presque excusé. C'est la traduction de la catastrophe parlementaire. Le Parlement est dans une situation difficile, mais faut-il changer la Constitution pour lui rendre son prestige ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sous 1814-1815, une polémique agitait les élites : le roi devait-il s'occuper du gouvernement ( Guizot ) ou seulement régner ( ultra, Chateaubriand, 1816, brochure &quot; De la Monarchie suivant la Charte &quot; ), pour éviter le risque de la mise en place d'une forme de responsabilité politique ? Expédient Orléaniste : le chef de l'Etat gouverne beaucoup, les ministres sont à hue et à dia. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Cette équation ( gouverner ou régner ) est déterminante.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En février 1871, Thiers devient le chef du gouvernement provisoire, présidant le Conseil des Ministres. La solution est la même aujourd'hui, le Conseil des Ministres est présidé par le Président de la République. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ce système n'est pas à changer : il fonctionne, dégage une majorité de gouvernement. Mais il reste le problème fondamental de la responsabilité politique des gouvernants, à quelque titre que ce soit, tirant pr exemple les conséquences de la perte d'un référendum. Il ne faudrait tout de même pas aller jusqu'à une révocation populaire des élus comme aux Etats Unis, et les politiques qui proposent se système, comme Mme Royal, se tirent une balle dans le pied.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Remarque sur la justice constitutionnelle en réponse au professeur Germain : cette justice est très bien, il convient de laisser neuf personnes fortes d'expertises politiques et juridiques éprouvées, ainsi que d'y onclure des hommes politiques. Il existe un système de conformité des lois aux traités internationaux qui fonctionne, peut être soulevé par voie d'exception, concernant les points les plus importants tels que les conventions humanitaires qui surplombent la Constitution - ces points n'ont pas à ête inclus dans la Constitution, le contrôle de constitutionnalité n'y a donc pas d'importance. La concurrence des juges permet d'être plus juste.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Dans l'idée de VIème RF, il n'y a pas seulement un numéro, il y a &quot; République &quot;. Par tradition depuis la Constitution de septembre 1792, an I, les autres Républiques reprennent un héritage, celui de vouloir vivre ensemble dans la société française. C'est le problème ici : le peuple français est selon le CC un concept juridique de valeur constitutionnelle, tous étant égaux, interchangeables... ça ne fonctionne plus très bien avec l'entrée du communautarisme, de la discrimination positive, des associations de communautés réclament leur dû. Ce problème de l'identité française à stabiliser est la solution qui doit être présentée par les constitutionnalistes.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il s'agit d'éviter les &quot; guéguerres &quot; de la IVème RF. Sous la Vème RF, les parlementaires n'ont pas droit à la parole par peur d'être dissous s'ils essaient de renverser le gouvernement. 1962 marque la fin de leur cntrôle et leur faillite. Car le Parlement ne s'occupe plus du droit de l'outre-mer, qui se fait par le biais d'ordonnances, ni de la construction européenne, dont les projets de directives sont tranposés par ordonnance ( pratique pour mettre sur le dos de l'Europe les problèmes quand ça ne fonctionne pas, et sur celui du gouvernement quand ça fonctionne ). On note un abandon du pouvoir législatif : 85 ordonnance sur 38 en 2005, 23 en 2006.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le Parlement prend également des dispositions trop techniques, annulées par le Conseil constitutionnel -&gt; Montesquieu : les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires. Sont annulés les voeux pieux dépourvus de valeur, de portée normative ( loi Montagne de 1983, article 1er : &quot; La République reconnait la montagne &quot; ), les dispositions incompréhensibles, contraires au principe d'intelligibilité de la loi. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les parlementaires ne comprennent pasces lois incompréhensibles, mais ils les votent... pour éviter 49-3C et la dissolution. Il faudrait rendre aux parlementaires le pouvoir de dire non, afin qu'ils ne soient pas des &quot; bénis oui oui institutionnels de luxe &quot;.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Cette législation désastreuse, catastrophique, fait les échos de la presse qui présente les nouvelles lois : l'électeur se dit qu'il a compris les dispositions, mais à l'administration se voit dire que le décret d'application n'est pas encore publié, et il faut attendre parfois entre 10 mois et 5 ans. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le peuple élit un parlement qui ne sert pas. On veut redonner sa légitimité au Parlement ? Qu'il la reprenne ! Qu'il dise non, comme un citoyen devant un référendum qu'il ne comprend pas, et qu'il ne vote les lois que claires, avec les décrets d'application. Ce n'est pas dans la culture politique française : dire non, c'est être dans l'opposition. La Vème RF n'a pas besoin de nouveaux textes : les Constitutions sont fills du temps, on doit s'y adapter. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;=&gt; Débats&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;question du doyen : Sous la forme d'une boutade, si la République reconnait la montagne, est-ce que la montagne accouche d'une souris ?&lt;br/&gt;réponse du professeur Germain : Ca dépend de la montagne... &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;question : faut-il supprimer le Parlement ?&lt;br/&gt;réponse du professeur Pierre-Caps : Aujourd'hui, à l'exception des Etats Unis qui sont un vrai régime parlementaire avec de vrais pouvoirs, aucun autre pays n'a de Parlement avec un pouvoir véritable, ils sont devenus des chambres d'enregistrement. Pourtant, il existe des instruments que pour le Parlement fasse son travail : il faudrait passer par un vrai travail d'information, pas par les médias audiovisuels lors des problèmes de société, par la création de commissions d'enquête, de contrôle, des pouvoirs d'investigation sur pièce et sur place. Les parlementaires se défaussent souvent sur le juge constitutionnel. Donc non, pas de suppression du Parlement, mais la démocratie d'opinion existe, comme elle existait sous Châteaubriand. Le peuple peut de plus se tromper lors des référendums, et ceux-ci n'ont pas de contrôle. Ainsi, un parti extrémiste comme celui de M. Le Pen proposant de gouverner par référendum pourrait faire sortir la France de l'Europe sur les opinions du citoyen lambda. Il faut donc encadrer expressément la volonté populaire, c'est le rôle des institutions. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;question : rôle du Sénat ? Représentant des collectivités locales ?&lt;br/&gt;réponse du professeur Gartner : C'est une source d'équilibre, un contre pouvoir à l'Assemblée Nationale. On dit souvent que le député, c'est la relation de ceux qui n'en ont pas. Le Sénat permet une meilleure élaboration des textes, dans un climat plus serein même lorsqu'il y a des oppositions lors des débats. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;réponse du professeur Pierre-Caps : Le Sénat ne représente juridiquement pas les collectivités territoriales, sauf à titre politique, car il a un problème d'identité. Article 24C pour le Sénat, 3C pour le suffrage direct ou indirect : le Sénat et l'Asselblée Nationale représentent tous deux le peuple français. Il faut une évolution du Sénat : toujours dans la même majorité politique depuis le début de la Vème RF. Faut-il l'élire par suffrage direct ? Par les département, communes, régions, en faisant des bases d'élection et réalisant la régionalisation du Sénat, pour régler le problème de la désignation des membres ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;réponse du professeur Germain : Les techniques de la démocratie directe sont vivantes : Italie, Etats Unis... Le rôle du Parlement est affaibli malgré les instruments présents dans la Constitution. l existe aussi des instruments négatifs, encadrant, tels que 44-2 et 44-3C. Il n'est pas pour l'instant possible au Parlement de modifier les textes du gouvernement, il est une chambre d'enregistrement. Quant au Sénat, intérpet d'une seconde chambre écartée de la procédure législative qyabd le gouvernement le souhaite ? Il faudrait prévoir une évolution, en faisant une institution consltative, ou le placer au coeur de la décentralisation. La Constitution de 1958 n'est plus suffisante.  &lt;br/&gt;</description>
      <enclosure url="http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2007/10/4_Vers_une_VI%C3%A8me_R%C3%A9publique_files/DSC00193.jpg" length="127095" type="image/jpeg"/>
    </item>
    <item>
      <title>Téléchargement, respect du droit d’auteur et des droits voisins</title>
      <link>http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2007/10/4_T%C3%A9l%C3%A9chargement,_respect_du_droit_d%E2%80%99auteur_et_des_droits_voisins.html</link>
      <guid isPermaLink="false">faf743bb-32e6-48d9-afea-d3d508286e60</guid>
      <pubDate>Thu, 4 Oct 2007 11:55:29 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2007/10/4_La_place_du_droit_social_fran%C3%A7ais_dans_l%E2%80%99Union_Europ%C3%A9enne_files/logo.gif&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Media/logo_1.gif&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:227px; height:103px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;La quatrième rencontre Juristudiant s'est déroulée jeudi 13 avril 2006 avec pour thème &quot; Téléchargement, respect du droit d'auteur et des droits voisins &quot;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous remercions l'association des anciens étudiants et amis de la faculté de droit de Nancy, coorganisateurs de l'évènement, et nos intervenants, Mme Deffains, professeur de droit public et droit des nouvelles technologies à la faculté de droit de Nancy, M. Grandgirard, de l'UFC Que Choisir Nancy et M Dutertre, de l'ADAMI, qui ont animé avec brio et compétence cette rencontre.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Vous trouverez ci-dessous les notes prises au cours de la conférence.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les photos de la troisième rencontre Juristudiant sont disponibles&lt;a href=&quot;../Photos.html&quot;&gt; ici.&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;=&gt; intro Olivier&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Messieurs les Doyens, Mesdames et Messieurs les membres du corps enseignant, chers amis Etudiants, Mesdames et Messieurs, bonsoir.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Permettez moi tout d’abord de vous adresser, au nom des organisateurs de cette conférence, mes plus vifs remerciements pour votre présence dans cet amphithéâtre. Nos remerciements vont également à l’association des anciens Etudiants et amis de la faculté de droit de Nancy et au Centre Régional des musiques actuelles, coorganisateurs de cette manifestation, ainsi qu’à l’université de Nancy 2, à la région lorraine, à la ville de Nancy et au ministère de la culture, partenaires de cette soirÈe, ainsi qu’aux personnels administratifs et techniques de la faculté pour leur soutien que nous savons fidèle et efficace.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le thème de notre rencontre est au centre de l’actualité, bien qu’on ait découvert que le CPE était le meilleur moyen d’éviter le débat ( ainsi que le premier vaccin contre la grippe aviaire… ). Qui pourrait en effet aujourd’hui nier la place croissante que l’informatique prend dans notre vie quotidienne, et qui peut aujourd’hui ignorer les formidables opportunités économiques, sociales et culturelles qu’offre le développement d’internet ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Toutefois, si internet est un indéniable moyen d’améliorer les échanges, la question est aujourd’hui posée de savoir quelles limites peuvent et doivent exister dans ces échanges. Comme nous le savons, tout progrès peut entraîner des abus qu’il convient de réguler. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En effet, depuis quelques années déjà, on a pu assister à l’explosion sur le réseau mondial de pratiques tendant à permettre très facilement et très rapidement le transfert de tous types de àfichiers. Au premier rang de ces transferts on trouve bien évidemment des documents musicaux et cinématographiques, et ce d’une part grâce l’apparition de technologies améliorant les vitesses des connexions des particuliers, et d’autre part à l’apparition de nouveaux systèmes de codage des fichiers, permettant de réduire leur taille, les rendant ainsi plus légers'à télécharger (MP3, DivX). &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;S’il est aujourd’hui possible de procéder à ces téléchargements au travers de portails proposant la vente de musique ou de films tout à fait légalement, il est clair que l’impact économique des téléchargements illégaux reste non négligeable. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le législateur a donc décidé d'intervenir, afin de tenter d’assurer une régulation de ce type de transferts de fichiers, naturellement réalisés au détriment des droits des auteurs sur leurs œuvres. C’est tout d’abord la Communauté Européenne qui s’est saisie de la question, et de sa réflexion est née la directive européenne 2001/29/CE sur l'harmonisation de certains aspects du droit d'auteur et des droits voisins dans la société de l'information. Un projet de loi visant à introduire cette directive dans notre droit positif a été adoptée par l’Assemblée Nationale le 26 mars dernier, et doit être examiné par le Sénat en mai prochain.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ce soir, il n’est pas question de faire le procès du téléchargement, de donner un avis favorable ou défavorable à ces pratiques. Nous sommes ici pour mieux comprendre quels sont les enjeux du débat actuel, pour analyser les solutions proposées, et pour en débattre.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour cela, nous avons invité trois spécialistes de la question : Madame Nathalie DEFFAINS, Maître de Conférences à l’Université Nancy 2, M Jean François DUTERTRE, délégué général de l’ADAMI, et M Guy GRANGIRARD, responsable local de l’UFC Que Choisir.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il a été convenu que Madame Deffains interviendrait en premier, avant que MM DUTERTRE et GRANDGIRARD ne nous apportent un Èclairage plus pratique.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A la suite des interventions, je vous proposerai d’engager le débat avec nos intervenants.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Madame DEFFAINS, vous avez la parole.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;=&gt; intervention Mme Deffains&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;La question qui est évoquée ici intéresse toute personne utilisant internet. La notion de liberté y apparaît en filigrane : il y a peu de libertés, ou indirectement, liberté d'accès à la création, à la culture... La liberté est reconnue de façon artificielle par la reconnaissance d'un droit à l'information.&lt;br/&gt;On ne peut pourtant pas nier les droits d'auteur. Ils touchent à la liberté du commerce et de l'industrie, et à la liberté d'information. La problématique se centre sur les droits d'auteur face au peer to peer et leur difficile conciliation - les droits voisins ne seront pas évoqués, ils sont différents des droits que reconnaît le Code de la propriété intellectuelle aux artistes, aux entreprises de communication individuelles.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Il s'agit dans un premier temps de s'intéresser aux termes. La traduction française de peer to peer, &quot; pair à pair &quot;, ne paraît pas pertinente : le pair est une personne semblable quant à sa fonction ou son statut social, qu'on connaît au travers d'un lien. Ici, les &quot; pairs &quot; ne se connaissent pas et échangent des logiciels anonymes.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;C'est plus précisément sur la portée du développement du P2P sur l'industrie du disque que l'on s'interroge. On donne comme chiffre une baisse de 23% des ventes de disques ( des désaccords subsistent sur le nombre ) : si le téléchargement nuit à l'industrie, ce n'est pas le seul fait du téléchargement illicite. Car la consommation a subi un changement : DVD, téléphonie mobile, crise et morosité économique des ménages sont autant de raisons possibles à ce changement.  &lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Mais le débat n'est pas simplement franco-français : la question de la légalité d'un procédé de téléchargement a été portée devant les juridictions suprêmes de pays étrangers eux aussi confrontés au phénomène. Deux jurisprudences particulièrement feront l'objet de cette étude, celle de la Cour Suprême des Etats-Unis, et celle de la Cour Suprême de La Haye, ayant chacune une vision différente.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;La question en France porte sur la possibilité de mettre en jeu la responsablité des éditeurs de logiciels, non celle des internautes qui sont trop nombreux - et pas assez solvables pour la plupart, c'est en effet la deep pocket qui est recherchée.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;La Cour Suprême des Etat-Unis conserve des principes issus de la même jurisprudence depuis 1984, Sony vs Universal Studio ( Ketamax ). Le principe : Sony, constucteur du support d'enregistrement, n'est pas responsable des enregistrements qui sont effectués sur ceux-ci ; il ne peut être poursuivi dès lors que le support lui-même n'est pas conçu dans un but d'infraction. La technique est neutre et vise l'impunité totale du fabricant.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Une décision du 27/06/2005 concernait les sites d'échanges P2P, responsables des mouvements sur leurs réseaux - le cas de l'exonération de responsabilité est ici écartée car le produit largement distribué l'a été pour participer à la commission d'une infraction. Le fabricant peut donc être poursuivi pour avoir contribué à l'infraction, par des encouragements, en faisant la publicité de vendeurs de logiciels et de réseaux, ou pour avoir aidé à la commission de l'infraction en permettant de profiter des réseaux sans limites.&lt;br/&gt;Ce sont les diffuseurs qui peuvent être poursuivis s'ils connaissent et encouragent ces pratiques. Le projet de loi en France visait une sorte de responsabilité indirecte, mais celui-ci a fait l'objet récemment de modifications ( consulter les forums du droit de l'internet pour de plus amples informations ).&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Aux Pays-Bas, les diffuseurs d'outils P2P sont exonérés de leur responsabilité. Par exemple Kazaa ne pouvait techniquement contrôler tous les utilisateurs ( Cour Suprême, 28/03/2002 )&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La loi française doit évoluer en vue d'une harmonisation des législations nationales ( remarque, la France, en retard dans les mesures de transpositions, a de nouveau fait l'objet de sanctions... )? Ceci d'autaut plus que la directive n°2004-48 prévoit ds mesures et procédures pour la mise en oeuvre de celle de 2001.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Il s'agit de protéger les droits d'auteur, et d'encourager le développement de la société de consommation. Les principes de la directive concernent le droit de communication, de production... Mais l'un des points importants réside dans la protection des mesures techniques de protection ( MTP, ou Digital Right Management ) tendant à limiter l'utilisation des systèmes de P2P ou du moins assurer leur traçabilité. Elles concernent toute technologie ou composant limitant les actes conduisant à la commission d'une infraction.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;La directive impose ainsi aux Etats-membres une protection juridique contre le détournement de ces techniques.&lt;br/&gt;  &lt;br/&gt;Principes généraux de la protection des droits d'auteur : l'article L 111-1 du Code de la propriété intellectuelle dispose que &quot; l'auteur d'une oeuvre de l'esprit jouit sur cette oeuvre, du seul fait de sa création, d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous.&lt;br/&gt;   Ce droit comporte des attributs d'ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d'ordre patrimonial, qui sont déterminés par les livres Ier et III du présent code.&lt;br/&gt;   L'existence ou la conclusion d'un contrat de louage d'ouvrage ou de service par l'auteur d'une oeuvre de l'esprit n'emporte aucune dérogation à la jouissance du droit reconnu par l'alinéa 1er.&quot;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les droits patrimoniaux déterminent les modes d'utilisation, les droits moraux protègent la personnalité de l'auteur ( respect de son nom, de la qualité de l'oeuvre... ). Quatre types de prérogatives sont conférées à l'auteur :&lt;br/&gt;- le droit à la divulgation de son oeuvre ( article L 122-2 CPI )&lt;br/&gt;- le droit à la paternité ( mention de son nom )&lt;br/&gt;- un droit de repentir en cas de cession d'exploitation, avec indemnisation du co-contractant&lt;br/&gt;- un droit d'exploitation, en d'autres termes de profit pécuniaire ( article L 123-1 CPI )&lt;br/&gt;  &lt;br/&gt;Deux prérogatives sont particulièrement importantes, le droit d'exploitation et le droit de suite. Le droit d'exploitation comprend le droit de reproduction de l'oeuvre, qui se voit objecter une exception légale avec les dispositions de l'articles L 122-5 CPI :&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Lorsque l'oeuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire :&lt;br/&gt;   1º Les représentations privées et gratuites effectuées exclusivement dans un cercle de famille ;&lt;br/&gt;   2º Les copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, à l'exception des copies des oeuvres d'art destinées à être utilisées pour des fins identiques à celles pour lesquelles l'oeuvre originale a été créée et des copies d'un logiciel autres que la copie de sauvegarde établie dans les conditions prévues au II de l'article L. 122-6-1 ainsi que des copies ou des reproductions d'une base de données électronique;&lt;br/&gt;   3º Sous réserve que soient indiqués clairement le nom de l'auteur et la source :&lt;br/&gt;      a) Les analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d'information de l'oeuvre à laquelle elles sont incorporées ;&lt;br/&gt;      b) Les revues de presse ;&lt;br/&gt;     c) La diffusion, même intégrale, par la voie de presse ou de télédiffusion, à titre d'information d'actualité, des discours destinés au public prononcés dans les assemblées politiques, administratives, judiciaires ou académiques, ainsi que dans les réunions publiques d'ordre politique et les cérémonies officielles ;&lt;br/&gt;    d) Les reproductions, intégrales ou partielles d'oeuvres d'art graphiques ou plastiques destinées à figurer dans le catalogue d'une vente judiciaire effectuée en France pour les exemplaires mis à la disposition du public avant la vente dans le seul but de décrire les oeuvres d'art mises en vente.&lt;br/&gt;   Un décret en Conseil d'Etat fixe les caractéristiques des documents et les conditions de leur distribution.&lt;br/&gt;   4º La parodie, le pastiche et la caricature, compte tenu des lois du genre.&lt;br/&gt;  5º Les actes nécessaires à l'accès au contenu d'une base de données électronique pour les besoins et dans les limites de l'utilisation prévue par contrat. &lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Sont par conséquent confrontés l'univers numérique et les droits d'auteur, de façon plus précise encore, c'est sur l'exception de copie privée appliquée au P2P qu'il convient de s'intéresser. Cette exception est la fréquemment invoquée par les internautes. Il est possible de considérer que ce domaine entre dans l'exception de copie privée.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Or un arrêt de la CA de Montpellier, 10/03/2005, a décidé que la mise en ligne de l'oeuvre était condamnable ; la jurisprudence est contestée car il y avait à son origine un acte de contre façon.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Le projet de loi règle la question : sont prévues des peines de contravention pour les personnes téléchargeant et pour celles mettant des oeuvres à disposition.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Cour de cassastion, 1ère chambre civile, 28/02/2006 : conciliation des MTP et de l'exception de copie privée ( il s'agissait de la cassation d'un arrêt auquel l'UFC Que Choisir était partie ). Il s'agissait de se demander s'il était possible d'insérer dans un support un dispositif de protection technique empêchant toute copie de l'oeuvre. La copie est une exception, une tolérance, mais non un droit. Cette exception est écartée par un triple test ( 5-5 Convention de Bernes ) :&lt;br/&gt;- cas spécial&lt;br/&gt;- ne portant pas atteinte à l'exploitation normale de l'oeuvre ( s'apprécie au regard des risques inhérents au nouvel environnement numérique )&lt;br/&gt;- ne portant pas préjudice aux auteurs&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Par conséquent l'exception de copie privée ne peut faire échec aux mesures de protection si l'oeuvre est exploitée normalement, et l'utilisation de la copie ne compte pas. Le projet de loi prévoit une protection pénale à ce sujet... mais la loi n'est pas votée.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Les sociétés de droits d'auteurs disposent dans l'attente de moyens pour lutter contre les téléchargements illicites :&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;- des messages d'alerte adressés aux téléchargeurs, artcile 9 de la loi du 6/01/1978 modifiée par la loi du 6/08/2004. Il existe toutefois des risques quant à la vie privée de l'internaute et la CNIL est vigilante en conditionnant l'application de ce type de traitements à son autorisation préalable, qu'elle a accordé au SELL par exemple afin de détecter les infractions et de rassembler les preuves des éléments de ces infractions. Mais la CNIL a refusé dans une résolution du 18/10/2005 un dispositif des producteurs de musique destiné à détecter de façon automatique les infractions. ( cf le dernier rapport de la CNIL en ligne sur son site )&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;- article 7 de la loi pour la confiance dans l'économie numérique du 21/06/2004 : les fournisseurs faisant du téléchargement une mesure de publicité à leur égard doivent rappeler par une mention l'interdiction du piratage.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;- poursuites pénales, articles L 335-1 à 10 CPI ( concernant la contre façon ).&lt;br/&gt;Toutefois, les décisions de justice se montrent clémentes envers les internautes qui téléchargent - non envers ceux qui mettent à disposition.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;- article 6 de la loi CEN, permettant d'obtenir en référé toutes mesures faisant cesser un dommage&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;- l'interdiction des logiciels P2P est inenvisageable car ces logiciels sont utiles ( peer cast, émissions podcast )&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;- traçage des contrefacteurs, avec la réserve de la CNIL concernant la vie privée des internautes&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;- la répression des fabricants de logiciels, comme aux Etats-Unis&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;- la licence globale&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;- la solution la meilleure semble consister en une évolution des pratiques des maisons de disques par le développement de sites de téléchargement licites à des prix abordables.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt;=&gt; intervention ADAMI&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;C'est ici le domaine des droits voisins, qui présente avec le droit d'auteur de grandes similitudes, et de petites différences. La situation est particulière puisque la loi est en ce moment déposée devant le Sénat, et elle sera vraissemblablement modifiée encore ; si les textes votés sont au final trop différents ce ne sera plus la procédure d'urgence qui sera employée mais la procédure normale.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Or, la directive est déjà à revoir, ses conséquences doivent également être revues, ceci sans compter l'influence prochaine de la directive contre-façons.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Ce qu'on observe c'est un choc entre les directives, les nouveaux usages d'internet et la révolution numérique, qui s'apparente à la révolution produite par l'imprimerie. Il s'agit d'une véritable révolution culturelle, révolution de l'information, révolution dans la transmission des oeuvres : on quitte l'univers analogique, qui permettait la copie, mais une copie dégradée, pour l'univers numérique qui permet, et c'est ce qui fait son succès, d'obtenir une copie identique.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Plusieurs remarques : la directive reconnait le droit de mise à disposition du public à la demande, et la protection des mesures techniques de protection ( MTP ). La différence réside dans le fait que les oeuvres circulent sans protection sur internet, contrairement aux oeuvres dans les magasins - sauf périodes des soldes ou destockage, on n'y a pas directement accès. On accole sur le support un fichier numérique qui va surveiller l'utilisation de l'oeuvre, une MTP qui interdira ainsi la copie d'un CD sur l'ordinateur, mais aussi parfois son écoute sur un autoradio, et autres &quot; choses assez curieuses &quot;.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Dès 2003 l'ADAMI a réfléchi au problème du P2P, et a cherché des solutions : les technologies permettent l'échange d'oeuvres ( par fragmentation de l'information, par petits bouts ) sans que leurs ayants droit en tirent rémunération et sans même qu'ils en soient au courant. On comprend le préjudice considérable, moral et financier, des artistes et de leurs maisons de production.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Première solution qui s'est imposée : il n'est pas possible d'éradiquer le P2P. On a alors pensé à la licence globale, à la fois licence légale, comme une redevance, et régulation de la mise à disposition. Cette mesure n'est pas libertaire, elle vise à poursuivre en justice les internautes, poursuites initiées par les producteurs. Mais la mise à disposition des oeuvres ne peut être une licence globale.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;La loi ne va rien résoudre, elle est &quot; d'une hypocrisie terrible &quot; : on passe d'une riposte graduée à une riposte diluée ( amende de 38 euros ). La réponse serait-elle alors dans la création de plateformes de téléchargement ? Mais les téléchargements hors plateformes perdurent, c'est la consommation qui évolue, par le biais d'MSN par exemple, qui permet l'échange de fichiers MP3. Or ces échanges relèvent du domaine de la correspondance privée, comme les mails - à noter qu'il avait été fait proposition de sortir les mails de la catégorie des correspondances privées, chose qui a été refusée.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;On peut évoquer également le problème du streaming, et les solutions à apporter en la matière sont difficiles à trouver : la licence ressurgira d'une manière ou d'une autre car le problème ne sera pas réglé avec la loi. De même, le phénomène du webcasting, des radios sur internet ; il y a ici un problème de droit : les radios hertziennes utilisent les morceaux qu'elles diffusent moyennant une &quot; rémunération équitable &quot;, qui est en réalité une redevance ( et elles ne paient pas assez... ) tandis que le webcasting, sur internet, ne donne pas lieu à rémunération contre les morceaux diffusés, d'autant qu'il ne peut y avoir possibilité d'une rémunération équitable puisqu'il ne s'agit pas d'un programme simultané ( reprise sur internet de centaines de morceaux en même temps qui s'enregistrent sur l'ordinateur ).&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;La revendication de l'DAMI est clairement d'étendre la rémunération équitable au webcasting.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Dans ses termes, la loi est insuffisante. Concernant la copie privée, la loi suit la directive : mais en cas d'entraves à la copie par des MTP, l'exception de copie privée doit les prendre en compte, tout comme la redevance doit la prendre en compte. Ainsi prévoir &quot; zéro copie &quot; possible dans le fichier serait légal. C'est sous-estimer un petit objet que beaucoup ont dans leur poche, l'ipod, et le phénomène de portabilité de la musique.  &lt;br/&gt; &lt;br/&gt;On a parlé de l'institution d'un collège de médiateurs, d'une autorité de régulation à créer, mais qui ne serait pas composée de consommateur - ce qui est inquiétant.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Il faut peut-être mieux en fin de compte laisser passer la tempête qui a lieu dans les débats culturels. Le problème sera ensuite de renouer le fil avec les auteurs, car l'ADAMI, par ses positions, est considéré comme un &quot; pestiféré &quot; dans le milieu. Mais le constat reste le même, il n'est pas normal que certains se fassent de la sorte de l'argent sur le dos des autres.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt;=&gt; intervention UFC Que Choisir&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Ce débat anime beaucoup de personnes et d'énergie. Il y a pourtant  ici une impression de redite : comme lors de la sortie des cassettes audio, où l'on prédisait la mort des artistes, des cassettes VHS, qui devaient tuer le cinéma... aujourd'hui encore il existe des cassettes audio, et le cinéma n'est pas mort. On voudrait faire croire que le progrès technologique tue la création, il y a de quoi au vu de ces éléments être perplexe.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Les systèmes s'adaptent au besoin : souvent on achète un CD parce que se trouve dessus le morceau téléchargé à un euro qu'on a pré-écouté. Il convient donc de préférer les arrangements amiables à la défense pure et simple.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Cette loi dont on parle beaucoup présente des points qui fâchent :&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;- tout d'abord la taxe sur les supports vierges : 174 000 000 euros en 2005. Si le texte est voté, la taxe doit disparaître, puisqu'il ne sera pas possible d'effectuer des copies - donc il ne sera plus utile d'acheter des CD et DVD vierges. Actuellement les internautes se procurent les CD en Angleterre où il n'y a pas de telle taxe, et on imagine les difficultés à poursuivre en justice dans un lieu comme les îles vierges... Le droit d'auteur doit être rémunéré : il s'agit de respecter toutes les parties, même par le consommateur.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;- les députés ont ensuite raté une chose : internet est un phénomène mondial. Que risque un internaute téléchargeant de la musique hindoue ? Il risque moins qu'un internaute téléchargeant une autre musique, et il y a ainsi deux sortes de consommateurs concernés : ceux qui aiment la musique hindoue, par exemple, qui feront difficilement l'objet de poursuites, et les autres.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;- il est possible sur certains sites, pour les internautes malins, de masquer son IP ( l'équivalent d'un numéro de sécurité sociale pour l'ordinateur permettant de tracer les téléchargements ) : des proxy anonymes camoufflent l'IP, leur durée de vie peut être limitée de quelques secondes à 24 ou 48 heures dans des pays étrangers. Et c'est encore les consommateurs non malins qui seront punis ici.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Où est le respect lorsque sort un CD pirate alors que le CD officiel n'a pas encore été mis à la vente ? Pourtant, le marché s'est régulé pour les cassettes audio et VHS.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Que peut-on souhaiter ?&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;- une interopérabilité entre les plateformes de téléchargement : passer de vivendi à apple ne marche par exemple pas... La décision rendue par la Cour de cassation, dont il est fait état plus haut, chagrine l'UFC Que Choisir par son contenu. La décision Sony mentionnait un dispositif DRM interdisant la copie dans le DVD : le consommateur a invoqué la présence d'un vice caché pour demander son indemnisation. La violation de l'article L 111-1 Ccons est concernée ici, aucune information n'a été donnée au moment de l'achat, ce qui a entraîné l'annulation de la vente. Ne pas mentionner la présence d'un dispositif DRM est assimilable à une tromperie, comme si on doutait et se méfiait du client.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;- au sujet du droit à la copie privée, le débat est vieux, et presque acquis : on ne peut empêcher la copie. Mais l'auteur n'a pas forcément demandé le DRM, c'est souvent la maison de disques qui est responsable de son insertion sur le support.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;- le principe de la licence globale : c'est le principe retenu par l'UFC Que Choisir, car il instaure un équilibre entre les parties, auteurs, consommateurs, une relation de confiance. Son fonctionnement, son prix, sont autant d'autres questions dont il faudra discuter.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;S'il existe dans le domaine musical une oeuvre qui depuis dix ans a été amortie, et une autre récente de trois mois qui a nécessité plus de budget, les prix doivent-ils être les mêmes ? La demande des consommateurs est plus forte en matière de bonus, suppléments, d'une heure ou plus... Ce serait une variablité amortie, et un grand nombre de formules pourraient être envisagées.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt;=&gt; réaction ADAMI&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Concernant l'achat de DVD vierges à l'étranger, il faut savoir que Copyfrance perçoit tout de même une redevance... que personne ne paie en pratique.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Les DRM sont parfois imposés aux artistes dans leur contrat - or la loi discutée prévoyait l'autorisation des artistes pour la mise en place de tels dispositifs. On pourrait parler de &quot; verrou sur la culture &quot; pour les DRM : se pourrait-il qu'il n'y ait plus besoin, avec ce système, des sociétés d'auteurs ? En mettant fin à l'exception de copie privée, serait permis une gestion en direct des droits, et d'un coup, plus besoin de SACEM, plus besoin d'ADAMI...&lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Enfin concernant la rémunération des artistes interprètes : sur 0,99 euros, ces derniers touchent 0,3 ou 0,4 euros, les royalties subissent des abattements forfaitaires. La mise en ligne sur les plateformes coûte de plus de l'argent ( numérisation ).&lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt;=&gt; intervention Mme Deffains&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Il faut également évoquer les FAI ( fournisseurs d'accès internet ) et leur possible responsabilité, peu mentionnée dans le grand public alors qu'ils sont les principaux vecteurs de téléchargement : pourquoi ne pas leur faire payer à eux les droits d'accès ?&lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt;=&gt; intervention UFC Que Choisir&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;La question s'est posée récemment pour Free et son lien newsgroup sur la page d'accueil ( actuellement indisponible, probablement définitivement ) qui en fait était un lieu d'échange avec fonction binaire : chaque internaute pouvait laisser un message disant qu'il recherchait tel film ou tel morceau, et il se trouvait toujours un internaute qui lui transmettait. Il s'agissait en France du seul portail qui permettait un tel transfert - victime de son succès, il a subi une affluence telle que les bandes passantes se réduisaient comme peau de chagrin et que Free a dû trouver une réponse élégante pour contourner la situation, rendant les consommateurs fous de rage.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt;=&gt; questions / réponses public et intervenants&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Q - les députés sont peut-être inintelligents, même s'ils bénéficient de groupes de travail qui leur expliquent les données techniques... mais les différentes parties en présence ne se font-elles pas suffisamment entendre alors que la loi ne servira à rien ?&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;R - ADAMI : La loi sur les droits voisins à fait l'objet d'un consensus et de l'unanimité ; ici, il y a des déchirures entre les syndicats eux-mêmes. Le Ministère de la culture n'a rien vu venir alors que la fracture est extrêmement grave dans le monde culturel. Deux armes existent : la répression et le verrouillage. Tout le monde pense qu'il faut une solution, et c'est aux FAI et aux opérateurs de téléphonie mobile de comprendre ce qu'il se passe. Les FAI ont profité des ayants droit et ils en ont fait leur publicité puisqu'ils vantent leurs capacités de téléchargement...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
      <enclosure url="http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2007/10/4_La_place_du_droit_social_fran%C3%A7ais_dans_l%E2%80%99Union_Europ%C3%A9enne_files/logo.gif" length="7628" type="image/gif"/>
    </item>
    <item>
      <title>La réforme du divorce et ses conséquences sur les donations et avantages matrimoniaux</title>
      <link>http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2007/10/4_La_r%C3%A9forme_du_divorce_et_ses_cons%C3%A9quences_sur_les_donations_et_avantages_matrimoniaux.html</link>
      <guid isPermaLink="false">a980a949-918c-4fbe-b09c-8b2f66cf5e26</guid>
      <pubDate>Thu, 4 Oct 2007 11:55:16 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2007/10/4_La_r%C3%A9forme_du_divorce_et_ses_cons%C3%A9quences_sur_les_donations_et_avantages_matrimoniaux_files/000_0904.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Media/000_0904_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:176px; height:132px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;La troisième rencontre juristudiant s'est déroulée le 13 octobre 2005 avec pour thème &quot;La réforme des régimes matrimoniaux&quot;&lt;br/&gt;Nous remercions l'association des anciens étudiants et amis de la faculté de droit de Nancy, coorganisateurs de l'évènement, et  Madame Tisserand-Martin, professeur de droit privé à la faculté de droit de Nancy, pour avoir animé cette rencontre.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les photos de la conférence sont disponibles &lt;a href=&quot;../Photos.html&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
      <enclosure url="http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2007/10/4_La_r%C3%A9forme_du_divorce_et_ses_cons%C3%A9quences_sur_les_donations_et_avantages_matrimoniaux_files/000_0904.jpg" length="110303" type="image/jpeg"/>
    </item>
    <item>
      <title>Une Constitution européenne : pour quoi faire ?</title>
      <link>http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2007/10/3_Une_Constitution_europ%C3%A9enne_%3A_pour_quoi_faire_.html</link>
      <guid isPermaLink="false">d219c97e-6cc2-45c9-a824-8e42a2822bc8</guid>
      <pubDate>Wed, 3 Oct 2007 22:40:00 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2007/10/3_Une_Constitution_europ%C3%A9enne_%3A_pour_quoi_faire__files/photo_conference_n_2_030.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Media/photo_conference_n_2_030_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:176px; height:133px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;La deuxième rencontre juristudiant s'est déroulée jeudi 3 mars 2005 avec pour thème &quot;Une Constitution européenne : pour quoi faire ?&quot;&lt;br/&gt;Nous remercions l'association des anciens étudiants et amis de la faculté de droit de Nancy, coorganisateurs de l'évènement, et nos deux conférenciers, Messieurs les professeurs François Borella et Jean Denis Mouton qui ont animé avec brio et compétence cette rencontre.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les photos de la conférence sont disponibles &lt;a href=&quot;../Photos.html&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L'intégralité de la conférence au format mp3 est disponible également &lt;a href=&quot;http://ogamard.free.fr/conf.mp3&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;</description>
      <enclosure url="http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2007/10/3_Une_Constitution_europ%C3%A9enne_%3A_pour_quoi_faire__files/photo_conference_n_2_030.jpg" length="131896" type="image/jpeg"/>
    </item>
    <item>
      <title>L’ EMPIRE DES HABSBOURG OU UNE AUTRE CONCEPTION DE LA CONSTRUCTION EUROPEENNE (1273-1918)</title>
      <link>http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2007/10/3_L%E2%80%99_EMPIRE_DES_HABSBOURG_OU_UNE_AUTRE_CONCEPTION_DE_LA_CONSTRUCTION_EUROPEENNE_%281273-1918%29.html</link>
      <guid isPermaLink="false">b0e7711b-080e-48ea-919d-68da662c19fa</guid>
      <pubDate>Wed, 3 Oct 2007 17:55:25 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Entrees/2007/10/3_L%E2%80%99_EMPIRE_DES_HABSBOURG_OU_UNE_AUTRE_CONCEPTION_DE_LA_CONSTRUCTION_EUROPEENNE_%281273-1918%29_files/conference_juristudiant_012.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://site.juristudiant.com/asso/Juristudiant/Les_rencontres_Juristudiant/Media/conference_juristudiant_012_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:176px; height:133px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;L’ EMPIRE DES HABSBOURG OU UNE AUTRE CONCEPTION DE LA CONSTRUCTION EUROPEENNE (1273-1918)&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;par Monsieur Jean-François GICQUEL, Maître de conférences à la Faculté de droit de Nancy.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;« L’Empereur Charles d’Autriche-Hongrie est un exemple pour tous les responsables politiques en Europe »&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Jean-Paul II à Rome le 3 octobre 2004, alors qu’il vient de faire&lt;br/&gt;du dernier souverain habsbourgeois un Bienheureux .&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;PLAN &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Introduction :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;I) Le constat de départ : l’apport habsbourgeois à la construction européenne.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A) L’évidence de la dimension européenne habsbourgeoise : &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;1) La recherche de critères européens objectifs.&lt;br/&gt;2) La recherche de principes directeurs positifs.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;B) La pertinence du despotisme éclairé à l’autrichienne : &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;1) Les enjeux européens du despotisme éclairé à l’autrichienne.&lt;br/&gt;2) L’héritage du despotisme éclairé à l’autrichienne.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;II) L’évolution habsbourgeoise dans l’Europe : un exemple puissant et révélateur.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A ) La rencontre fertile des politiques habsbourgeoises et des crises européennes : &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;1) L’impact européen et habsbourgeois du séisme de 1789 .&lt;br/&gt;2) Les répétitions du séisme révolutionnaire en 1830 et en 1848, un nouveau défi européen pour les Habsbourg.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;B) Une solution nécessaire, mais pas suffisante, le couple austro-hongrois : &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;1) L’incarnation austro-hongroise de la monarchie habsbourgeoise, une réforme partielle.&lt;br/&gt;2) L’héritage des Habsbourg et l’actuelle construction européenne, une référence à la fois nostalgique et utile .&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;INTRODUCTION :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Envisager historiquement et juridiquement l’Empire des Habsbourg sous l’angle de la construction européenne, c’est immédiatement être confronté à un paradoxe , même si tout l’intérêt de cette recherche va être de démontrer qu ‘il n’est qu’apparent.&lt;br/&gt;Identifier tout d’abord ce paradoxe n’est guère difficile : comment en effet oser comparer la construction européenne depuis la fin de la seconde guerre mondiale, conçue comme un remède contre un nouveau conflit sur le vieux continent, et l’antique monarchie habsbourgeoise, réputée réactionnaire et oppressive, et dont l’impérialisme est justement une des causes de la Grande Guerre ?&lt;br/&gt;Certes depuis le chute du rideau de fer, la littérature historique et certains discours politiques se montrent plus impartiaux envers l’œuvre de la vieille dynastie autrichienne, mais en dépit de certaines évidences aussi bien historiques que juridiques, les légendes noires ont la vie dure car chacun sait que l’histoire donne souvent tort aux vaincus.&lt;br/&gt;Pour autant, à l’heure où le débat constitutionnel « fait rage » au sein de l’Union européenne, y compris en France, il est plus que jamais nécessaire de s’interroger sur l’identité européenne et, ce faisant, on ne peut faire l’économie d’un réexamen attentif et dépassionné de la construction habsbourgeoise.&lt;br/&gt;En ce début de XXIème siècle, beaucoup de choses restent en effet à faire, y compris sur la définition de l’Europe et ce, sur tous les plans.&lt;br/&gt;Or, parce qu’il a eu à gérer sur plusieurs siècles une diversité européenne déjà bien présente en matière de droit, de politique, de géographie, d’économie ou encore de religion, l’Empire défunt demeure une référence constante puisqu’il a sans cesse recherché un compromis entre les concepts de Nation, de nationalisme et d’intégration, que celle-ci soit transnationale ou supranationale d’ailleurs.&lt;br/&gt;De plus, l’actuel processus d’élargissement en direction de l’Europe centrale et orientale remet inévitablement la politique suivie par les Habsbourg jusqu’en 1918 au goût du jour. Beaucoup des Etats entrants ou candidats ont en effet fait partie des terres habsbourgeoises et cette identité en partie impériale peut se révéler à long terme un atout pour leur intégration.&lt;br/&gt;Enfin, jusqu’en 1918 et dès le début du XVIIIème siècle au moins, on ne peut nier que depuis Vienne ou avec son assentiment, beaucoup de choses ont été faites pour donner une identité à l’Empire habsbourgeois, y compris, en ce qui concerne le respect des droits fondamentaux.&lt;br/&gt;Certes, on doit admettre également d’emblée que la discrimination, les inégalités et les atteintes aux libertés n’ont jamais été absentes de la politique viennoise, alors qu’elles sont aujourd’hui à juste titre les hantises des champions de la construction européenne.&lt;br/&gt;Mais, pour réelles qu’elles soient, ces tares habsbourgeoises rendues inévitables par l’impérialisme et l’assimilation forcée de certains peuples, ne suffisent pas à faire oublier ce qui a été accompli de positif par les souverains autrichiens désireux de construire, à leur profit , il est vrai, une puissance supranationale et continentale.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C’est pourquoi nous procéderons ici en deux temps :le premier sera consacré à l’apport habsbourgeois à la construction européenne, lequel va s’avérer aussi évident que parfois involontaire ; le second quant à lui, envisagera sur le long terme et de manière plus dynamique l’évolution de l’ensemble habsbourgeois dans l’Empire du XVIIIème siècle à nos jours, laquelle constitue aujourd’hui encore un exemple puissant et révélateur.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;I/ LE CONSTAT DE DEPART : L’APPORT HABSBOURGEOIS A LA CONSTRUCTION EUROPEENNE.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A bien des égards, la dimension européenne de l’Empire des Habsbourg est évidente (A), même si elle emprunte parfois plus ou moins volontairement des voies détournées, ainsi que l’illustre l’exemple du despotisme éclairé à l’autrichienne à partir de 1740 (B).&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A] L’évidence de la dimension européenne habsbourgeoise :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Même si l’histoire démontre cette évidence, nous allons nous efforcer de la confirmer à l’aide de critères objectifs (1), tenant à la nature de l’ensemble habsbourgeois. Puis, en envisageant l’histoire de cette entité complexe dans son ensemble, nous allons mettre à jour des principes directeurs qui militent eux aussi en faveur de ce constat initial (2).&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;1) La recherche de critères européens objectifs :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il convient ici de commencer en insistant sur la difficulté qu’il y a à définir l’Empire des Habsbourg, que l’on peut considérer tour à tour comme un ensemble d’Etats plus ou moins reconnus et hiérarchisés, comme un Empire colonial, ou encore comme une ensemble politique résultant du seul impérialisme autrichien, selon l’opinion professée à un moment ou un autre par tel ou tel.&lt;br/&gt;Une réponse ferme et définitive est d’autant plus difficile à apporter que la dynastie à la tête de cette puissance complexe est malaisée à comprendre.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Catholique, réactionnaire, farouchement hostile à l’Etat-Nation, soupçonnée de pangermanisme, elle a pourtant eu indéniablement une dimension européenne et supranationale, ce qui fait d’elle une autorité politique en avance sur son temps, malgré ses échecs, dont le dernier a provoqué sa perte.&lt;br/&gt;Au pouvoir de 1723 à 1918, la dynastie habsbourgeoise a en tous les cas eu une dimension quasi universelle, et, géographiquement, sa nature européenne est incontestable.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Certes, toute entreprise de définition spatiale est rendue ici malaisée par les modifications territoriales et les translations géographiques importantes qui font tour à tour des Habsbourg une dynastie allemande, européenne, universelle puis danubienne.&lt;br/&gt;Mais, en tous les cas, à l’échelle européenne, la puissance habsbourgeoise a toujours été essentielle. &lt;br/&gt;Ainsi, en 1918, son magistère s’étendait encore sur l’Autriche, une partie de l’Italie, la Hongrie plus une partie de l’actuelle Roumanie, la Bohême-Moravie, la Slovaquie (c’est à dire toute l’ancienne Tchécoslovaquie), la Galicie polonaise, sans compter l’ensemble de l’ancienne Yougoslavie (Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Voïvoïdine), excepté la Serbie et la Monténégro.&lt;br/&gt;Et encore, ne s’agit-il là que de la forme ultime et danubienne de l’Empire, la vocation allemande originelle des Habsbourg s’étant peu à peu effacée au profit des Hongrois et des Slaves.&lt;br/&gt;A cela, il convient toutefois d’ajouter pour se faire une idée plus exacte de la puissance habsbourgeoise, l’Allemagne toute entière au travers du Saint Empire romain germanique ; l’Italie en grande partie ; et enfin les autres terres habsbourgeoises qui ont été tour à tour le Benelux, les diverses terres d’Empire, notamment en France (exemple : la Lorraine), et enfin l’Espagne et son immense empire colonial en Amérique latine.&lt;br/&gt;Géographiquement, le parallélisme est donc à bien des égards frappant avec l’actuelle Union européenne et on ne peut qu’être admiratif de la manière dont Vienne a su assimiler des pays si différents.&lt;br/&gt;Quant au resserrement final autour du Danube, il n’a rien enlevé à la vocation supranationale des Habsbourg, même si ceux ci ont du renoncer à ce que l’on peut considérer comme leurs possessions « extérieures », lesquelles ont découvert peu à peu les vertus de l’Etat-Nation, alors que l’Empire habsbourgeois en est la négation même, ce qui lui coûtera cher en 1918.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Reste l’essentiel : par son existence même, cet Empire est la preuve vivante qu’en Europe peuvent coexister des traditions nationales et une entité supranationale, en dépit des multiples problèmes posés, peut être parce que la survie et l’amélioration de cet ensemble suppose une inventivité sur tous les plans, dont on pourrait à bon droit s’inspirer aujourd’hui y compris en matière de droit constitutionnel et de droits fondamentaux.&lt;br/&gt;Pour preuve, et afin de renforcer ce parti pris un rien provocateur, des principes directeurs d’organisation peuvent être dégagés qui militent eux aussi en faveur de la vocation européenne des Habsbourg.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;2) La recherche des principes directeurs positifs :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A y regarder de plus près, des traits caractéristiques multiples et constants peuvent en effet être identifiés, qui sont à la base même de l’Europe contemporaine.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le plus important est peut-être ce qui désormais doit être le fondement de toute œuvre constitutionnelle, à savoir les droits fondamentaux.&lt;br/&gt;Et, sous ce rapport, si elle diffère de la tradition française et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la conception habsbourgeoise n’est certes pas dépourvue d’intérêt, en dépit de ses imperfections.&lt;br/&gt;Conscients de l’extrême complexité de la mosaïque des peuples soumis à leur juridiction, les souverains autrichiens ont dû en effet faire œuvre de compromis, surtout à partir de 1740, et s’accommoder de constantes qui ne sont pas sans rappeler les problèmes actuels, comme le dualisme austro-hongrois, la revendication slave au partage des responsabilités, l’attachement réel à leur dynastie ou encore l’existence de forces de cohésion.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;De plus, depuis leur arrivée au pouvoir en 1273 en Autriche, les Habsbourg ont eu tout le temps d’apprendre parfois à leur dépens une qualité européenne essentielle :la modestie.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En l’espèce, le glorieux ancêtre est Rodolphe de Habsbourg au XIIIème siècle, dont les successeurs se sont hissés jusqu’au trône du Saint Empire Romain germanique, avec comme apogée, le règne de Charles Quint au XVIème siècle.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;De cette histoire prestigieuse, deux grands principes auto- proclamés peuvent être extraits :&lt;br/&gt;Le premier se décompose en cinq voyelles et paraît peu compatible avec une intégration pacifique strictement européenne : A.E.I.O.U (Austria Est Imperare Orbi Universo), c’est à dire, « l’Autriche est faite pour régner sur le monde ». En revanche, le second, plus pragmatique, est plus intéressant, son pacifisme, mais aussi son cynisme, s’accommodant plutôt bien après tout des habituelles tractations européennes : « Bella gerant alii, tu felix Austria nube », à savoir « Laisses les autres faire la guerre, toi Autriche maries-toi ».&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ce même réalisme a d’ailleurs conduit progressivement les Habsbourg à abandonner leur rêve d’une monarchie universelle catholique, les autres confessions ayant peu à peu droit de cité au sein de l’Empire, de même qu’il leur faudra dès le milieu du XVIIIème siècle, trouver ou du moins tenter de trouver une voie médiane entre d’une part, le droit divin, et d’autre part, les diverses souverainetés nationales émergentes.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En tous les cas, à vouloir comparer l’Empire des Habsbourg avec d’autres entités impériales comme la Russie et, plus tard l’Allemagne, cette comparaison est plutôt flatteuse pour la dynastie autrichienne en termes de modernité et de tolérance, en dépit de nombreux aléas.&lt;br/&gt;Quant aux entités politiques qui ont succédé aux Habsbourg avant de succomber au joug nazi, puis soviétique, leur comportement ne joue pas non plus en leur faveur, c’est le moins que l’on puisse écrire.&lt;br/&gt;Et, cette recherche de l’héritage Habsbourgeois, nous allons désormais justement l’illustrer en commençant par envisager le despotisme éclairé à l’autrichienne qui, malgré son caractère plus ou moins involontaire, constitue le premier stade du réformisme européen à l’habsbourgeoise.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;B] La pertinence du despotisme éclairé à l’autrichienne :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Aussi bien par ses origines (1) que par son héritage (2) , la voie habsbourgeoise du despotisme éclairé suivie dans le cadre des Lumières du XVIIIème siècle, « l’ Aufklärung », s’est révélée en effet essentielle pour l’histoire européenne.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;1) Les enjeux européens du despotisme éclairé à l’autrichienne :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il convient de le reconnaître d’emblée : si l’impératrice Marie-Thérèse peut à bon droit être considérée comme le premier des despotes éclairés Habsbourg, c’est parce qu’elle n’a pas eu vraiment le choix.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En l’espèce, le réformisme généraliste, impulsé depuis le sommet de l’Etat et autoritaire est peut être surtout le meilleur moyen de renforcer une autorité impériale mise à mal par la crise de succession en 1740.&lt;br/&gt;A compter de cette date, les Habsbourg-Lorraine, Marie-Thérèse ayant épousé François- Etienne, duc de Lorraine, n’ont en effet pas d’autre alternative que de satisfaire en partie les revendications des Lumières.&lt;br/&gt;Toujours est il que de 1740 à 1780, l’Impératrice, puis ses deux fils, Joseph II de 1765 à 1790 et Léopold II, de 1765 à 1792, vont faire profiter leurs possessions européennes de leurs réformes, même si elles sont parfois de pure nécessité.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Avec son mari de 1740 à 1765, puis avec son fils aîné Joseph jusqu’en 1780, Marie-Thérèse va s’employer avant tout à faire reconnaître sa légitimité par les autres puissances européennes, c’est à dire le principe d’indivisibilité des possessions habsbourgeoises sous l’autorité d’une femme.&lt;br/&gt;Mais, héritière d’un patrimoine que l’on peut qualifier de multinational, multiconfessionnel et confédéral, elle va devoir également l’organiser et le moderniser, sous peine de le voir imploser.&lt;br/&gt;Pour reprendre l’expression de Jean BERENGER, l’Empire est alors « une tour de Babel où chaque groupe voit son originalité respectée », ce qui pose déjà une belle problématique à l’ européenne.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La monarchie habsbourgeoise peut donc être résumée ainsi : deux groupes principaux, le groupe austro- bohème et le groupe hongrois, ce couple directeur ayant d’ailleurs chacun ses propres minorités.&lt;br/&gt;Mais cette diversité, cette complexité, sont aussi paradoxalement un gage d’adaptabilité aux circonstances et au climat réformiste européen des Lumières fondé sur la modernisation en politique, la tolérance en religion et la morale au nom des libertés fondamentales.&lt;br/&gt;Pour preuve, les champions locaux de l’Aufklärung se gardent bien de tout révolutionnarisme : un SONNENFELS prêche ainsi « seulement » pour l’adoucissement du droit pénal, le principe d’égalité et l’octroi d’un minimum vital pour tous , en aucun cas , il ne se déclare partisan de la démocratie ou d’une séparation des pouvoirs à l’anglaise.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Dès lors, la très pragmatique Impératrice va pouvoir appliquer sa devise , « Justice et Clémence », sans remettre en cause les fondements de son autorité.&lt;br/&gt;S’appuyant sur ses Chanceliers successifs, elle a en effet tout à gagner à se doter d’un Etat moderne et centralisé, lui même soutenu par une administration pléthorique, la célèbre bureaucratie à l’autrichienne qui fera plus tard les délices de KAFKA mais aussi, d’UDERZO et de GOSCINNY...&lt;br/&gt;De plus, cette fonction publique a désormais l’avantage d’être professionnalisée, ouverte aux classes sociales inférieures et moins arbitraire notamment en matière fiscale, même si en Hongrie, la pesanteur féodale demeure et demeurera toujours puissante.&lt;br/&gt;Mieux encore, une liberté d’opinion s’est faite jour, y compris en matière religieuse et dans le secteur éducatif, et ce, jusqu’à l’Université, où le droit public et les sciences politiques triomphent.&lt;br/&gt;En définitive, ce réformisme thérésien est donc tout sauf négligeable, même s’il échoppe en partie sur la sempiternelle question de la réforme agraire, obsession de tout régime réformiste digne de ce nom.&lt;br/&gt;Toutefois, à y regarder de plus près, on ne peut s’empêcher de penser que sur le long terme, certains de ces acquis bureaucratiques constituent déjà un travers à l’européenne, ce qui constitue un nouveau paradoxe non-dénué d’ironie.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A partir de 1765, la co-régence avec Joseph II va en outre infléchir fortement le despotisme à l’autrichienne.&lt;br/&gt;Impétueux, autoritaire, brutal, élitiste et souvent incompris parce qu’en avance sur son temps, Joseph II, « le Habsbourg révolutionnaire », va se montrer tout aussi audacieux sur ses terres qu’impérialiste à l’extérieur, autre trait caractéristique européen bien connu.&lt;br/&gt;Tortionnaire entre autres de la Pologne, il est chez lui le champion de l’absolutisme modernisé, centralisé et fonctionnarisé, de la nationalisation de l’Eglise et de l’inflation normative.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Soucieux de faire malgré eux et parfois contre eux le bonheur de ses peuples, son modernisme est pourtant indéniable, notamment vis à vis des cultes minoritaires et des victimes du féodalisme, mais, à la différence de sa mère sans laquelle il gouverne désormais seul de 1740 jusqu’en 1790, il manque de pragmatisme, donc de soutiens.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En conséquence de quoi, c’est le joséphisme dans son ensemble qui va avoir du mal à passer à &lt;br/&gt;la postérité.&lt;br/&gt;Toutefois, pour lui rendre justice, une opinion plus nuancée s’impose : grâce à lui, l’Etat habsbourgeois s’est doté en effet d’institutions structurelles, même si dans les faits, leur arrogance et leur volonté d’uniformisation à outrance, y compris en matériel de langue et de vocabulaire, est tout sauf positive, surtout si l’on pense à la dramatique germanisation .&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Reste maintenant à envisager l’autre fils de Marie-Thérèse, l’archiduc Léopold, grand duc de Toscane à la suite de son père François-Etienne de Lorraine de 1765 à 1790, puis Empereur viennois éphémère jusqu’en 1792.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sa devise, « Les trésors des rois sont les cœurs de leurs sujets », est d’emblée révélatrice et en Toscane , son action réformatrice est un modèle d’application de la philosophie des Lumières, avec un recul de l’arbitraire sur tous les plans.&lt;br/&gt;Véritable libéral, y compris en matière économique, ce qui est rare sauf dans les pays anglo-saxons, démocrate et décentralisateur, il réunit en Toscane parce qu’il impulse ses réformes sur le terrain.&lt;br/&gt;Mais, alors qu’il se prépare à parachever son œuvre toscane en promulguant une remarquable Constitution, il va être à la fois contré par son frère, qui, toujours aussi torturé, fait enlever son fils pour l’élever en futur Empereur réactionnaire, et, plus sûrement encore, par le vent de panique qui souffle sur les monarchies européennes à la lecture des nouvelles révolutionnaires françaises.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Devenu Empereur en 1790, il doit en effet calmer l’agitation dans ses Etats, ce qui le conduit à devoir s’appuyer sur les réactionnaires, surtout en Hongrie, mais aussi à affronter la France révolutionnaire, où sa sœur Marie-Antoinette est menacée de mort.&lt;br/&gt;Pour sincère et (brillant) qu’il soit, le léopoldisme est donc avant tout victime des circonstances et condamné au reniement, puis à l’oubli injuste à la mort de Léopold II en 1792.&lt;br/&gt;Néanmoins, parce qu’il contient de nombreuses leçons profitables pour l’histoire européenne, le despotisme éclairé à l’autrichienne du XVIIIème siècle dans son ensemble mérite bien encore un inventaire, certainement non-exhaustif.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;2) L’héritage du despotisme éclairé à l’autrichienne :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ce demi-siècle réformiste a en effet laissé des traces positives, même si celles-ci sont surtout visibles chez les classes sociales aisées. Il a également permis de doter l’Empire habsbourgeois hétéroclite de structures stables auxquelles peuvent désormais s’identifier les sujets, au point qu’un sentiment « national » commence à émerger, ce fameux patriotisme habsbourgeois dont tant de grands acteurs des XIXème et XXème siècle se feront l’écho.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ces décennies novatrices constituent en tous les cas pour l’avenir la preuve que l’organisation positive et modernisatrice d’un ensemble multinational hétérogène est possible et souhaitable, même si l’approfondissement des réformes demeure encore et toujours nécessaire pour vaincre les résistances, sans pour autant tomber dans le dogmatisme, autre tare à l’européenne.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ne s’agit-il pas là justement de leçons précieuses pour la construction européenne actuelle ?&lt;br/&gt;Quant à la période suivante de l’histoire habsbourgeoise, qui commence réellement dès 1789 et qui va être soumise au tempo révolutionnaire français, elle contient en germe un autre enseignement typiquement européen : les crises sont sur le Vieux Continent un moteur, malgré les blocages qu’elles suscitent à court ou moyen terme.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;II/ L’EVOLUTION HABSBOURGEOISE DANS L’EUROPE :UN EXEMPLE PUISSANT ET REVELATEUR.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Avant de parvenir au point d’ « équilibre » austro-hongrois en 1867, la monarchie habsbourgeoise va en effet de 1792 à cette date poursuivre son évolution et marquer l’Europe de son emprunte.&lt;br/&gt;Ponctuée par de grandes crises révolutionnaires initiées par la France de 1789 à 1848 en passant par 1830, cette période troublée va pour les Habsbourg être celle d’une constante « valse-hésitation » entre la réaction et le réformisme, pour adopter ironiquement un vocabulaire viennois qui sied aux circonstances (A).&lt;br/&gt;A bien des égards, la rencontre conflictuelle entre la politique habsbourgeoise et le révolutionnarisme est en effet paradoxalement fructueuse sur le terrain de l’organisation de l’espace européen.&lt;br/&gt;Et tout aussi étrangement, l’époque suivante du dualisme austro-hongrois, si elle n’est pas dépourvue de réalisations positives démontre qu’en Europe un couple politique ne suffit pas ou plus à faire progresser les choix dans le bon sens (B).&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A] La rencontre fertile des politiques habsbourgeoises et des crises européennes :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Rencontre à juste titre ressentie comme un véritable séisme continental, la Révolution française et ses effets et héritiers à long terme vont devenir l’obsession des Habsbourg, lesquels vont tenter d’y faire face de leur mieux mais sans jamais renoncer pour autant à renforcer leurs Etats.&lt;br/&gt;Ce constat vaut évidemment pour l’impact indéniablement européen du séisme révolutionnaire français de 1789, et ce jusqu ‘en 1815 (1), mais aussi pour les répétitions de ce séisme en 1830 et 1848, dont les effets sont tout aussi longs que productifs (2).&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;1) L’impact européen et habsbourgeois du séisme de 1789 :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il faut ici le souligner d’emblée, la conception anglo-saxonne des droits de l’homme ne s’est pas révélée être un grand traumatisme pour les Habsbourg, qu’il s’agisse des textes anglais ou américains.&lt;br/&gt;En revanche, la vision française des libertés fondamentales en général, et la notion de souveraineté nationale en particulier, qui à compter de 1789, sont à l’œuvre en Europe continentale, représentent pour notre dynastie un danger beaucoup plus immédiat.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L’Empire s’est en effet ouvert aux Lumières et une partie de ses élites accueille favorablement les évènements français, lesquels sont aussi consignés dans des livres sulfureux que des voyageurs complices, « les pèlerins de la Liberté », font entrer sous le manteau jusqu’à Vienne.&lt;br/&gt;De plus, dans un premier temps, le gouvernement viennois va tolérer cette propagande et ses revendications subséquentes, puisqu’il est d’avis que ses paysans sauront se rendre compte que beaucoup a déjà été fait pour eux pendant l’Aufklärung, ce qui est un peu naïf.&lt;br/&gt;Néanmoins que ce soit en Bohême, en Hongrie ou dans les colonies européennes excentrées de l’Empire, ce réformisme interne et maîtrisé va vite apparaître doublement obsolète, d’une part parce qu’il ne suffit plus à endiguer des revendications locales calquées sur la situation française, d’autre part parce que pour ses initiateurs eux-mêmes, les Habsbourg, il est devenu un « talon d’Achille » dans leur cuirasse absolutiste.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Plus grave encore, c’est la lente libéralisation de l’Europe danubienne et des diverses colonies autrichiennes, qui va ainsi paradoxalement être stoppée net par la Révolution française, et ce, pour une raison après tout assez simple : l’Europe des Nations est pour l’instant un non -sens sur les terres habsbourgeoises.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Dès lors, une fois le plaisir non-dissimulé ressenti à voir le voisin Bourbon se déliter, vieille tradition européenne s’il en est, il a vite fallu revenir au réalisme pur et dur, surtout après la mort de Léopold II et avec lui des derniers scrupules libéraux en 1792.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le nouvel Empereur, son fils François II, va donc mener de 1792 à 1815 une lutte sans merci contre la France révolutionnaire puis bonapartiste et son impérialisme émancipateur qui n’a pas été pour rien dans l’édification de la réputation de l’arrogance française.&lt;br/&gt;Tout est ici alors une question de géostratégie européenne : ce sont bien deux impérialismes qui entendent redessiner la carte politique du Vieux Continent à leur profit, tout le reste n’est souvent hélas que littérature philosophique.&lt;br/&gt;Au rythme des batailles, beaucoup d’entités politiques vont donc changer de main comme de vulgaires cartes avec, au passage, en 1806, un bouleversement fondamental : la disparition d’un vieux rêve européen, le S-E-R-G (Saint Empire Romain Germanique) après la bataille d’Austerlitz.&lt;br/&gt;A cette date, il n’est donc plus question que d’Empire d’Autriche, les territoires perdus par les Habsbourg en dehors de leurs possessions danubiennes passant sous le joug de Bonaparte.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour autant, en 1815, l’heure de la revanche sonne avec le fameux congrès de Vienne animé par Metternich, chandelier de l’Empire d’Autriche depuis 1809 et jusqu’en 1848, ce qui n’est pas rien.&lt;br/&gt;Enterrement du premier classe de la Révolution française et de l’Europe napoléonienne, ce Congrès qui s’est ouvert dès septembre 1814, et ne sera donc même pas interrompu par la parenthèse des Cent Jours en France, ne fait pas en effet dans la nuance.&lt;br/&gt;La souveraineté nationale est ainsi proscrite au nom du principe de l’équilibre entre les puissances monarchiques dominantes qui gouvernent désormais l’Europe, laquelle se construit donc souvent contre le sentiment nationaliste.&lt;br/&gt;Les Habsbourg, quant à eux, participent de bon cœur au nouveau dépeçage de la Pologne et l’Autriche devient également au Sud une grande puissance italienne.&lt;br/&gt;En Allemagne, toutefois, elle doit désormais se contenter de présider une Confédération qui n’est plus qu’un pâle reflet du Saint-Empire et qui condamne (pour l’instant…) le rêve de l’unité allemande.&lt;br/&gt;Si l’on prend en effet l’espace allemand comme référence, on ne peut que souligner la faiblesse des institutions communes : une fois de plus, l’unification politique n’est donc pas chose aisée sur le Vieux Continent, même à une échelle réduite, lorsqu’elle n’est pas au service d’un hégémonisme.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Quant à la philosophie ambiante, elle est clairement réactionnaire et de droit divin.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour Metternich, il convient une fois pour toutes de s’assurer que l’Europe est sous contrôle sécuritaire, tandis qu’un De Maistre ou un Bonald prêchent pour la promotion du principe religieux, seul capable selon eux d’inspirer la soumission à l’ordre établi.&lt;br/&gt;Il s’agit donc au niveau européen d’une condamnation sans nuances des droits politiques et surtout de la souveraineté nationale, le congrès de Vienne imposant de facto une loi fondamentale absolutiste et de droit divin qui peut s’analyser comme une des premières tentatives vraiment abouties de donner à l’Europe une Constitution, le progrès allant toujours de pair ici avec le paradoxe.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Toutefois, ce caractère implacable dissimule mal une contradiction européenne déjà fondamentale : comment mettre sous le boisseau le libéralisme politique alors que les souverains absolutistes se font en même temps les champions du libéralisme économique ?&lt;br/&gt;Un Châteaubriand est en particulier conscient de cet illogisme, mais pour l’heure, les puissances établies pensent être à même de le surmonter, et , chez les Habsbourg, un Metternich va s’y employer en montrant l’exemple à ses « confrères ».&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A cette fin, il dispose en 1815 d’un instrument rêvé, la Sainte -Alliance, que l’on peut définir comme « un essai d’organisation européenne visant à donner à l’Europe plus de cohésion au lendemain des guerres napoléoniennes et à soumettre au collectif la gestion des intérêts essentiels », pour reprendre les mots de l’historien Maurice Bourquin.&lt;br/&gt;Le Traité de Paris est donc institué à cette fin sous l’impulsion de l’Autriche, de la Prusse et de la Russie, et il met en place « un directoire de grandes puissances qui a exercé une action politique au temps de la Restauration, qui a tenu des congrès et qui a résolu diverse problèmes par conciliation ou coercition. »&lt;br/&gt;Complété par un second Traité de Paris le 20 Novembre 1815 qui fait entrer le Royaume-Uni dans ce directoire, puis enrichi par l’arrivée de la France bourbonnienne en 1818, la Sainte-Alliance est pourtant condamnée à terme par son esprit réactionnaire et par ses dimensions internes.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mais, toujours aussi cynique, si un Metternich la considère à juste titre comme un instrument « vide et sonore », il ne va pas moins s’en servir à outrance dans l’intérêt de sa dynastie.&lt;br/&gt;Il préconise ainsi d’utiliser le droit d’intervention militaire à chaque fois qu’un foyer révolutionnaire menace l’équilibre du Vieux Continent, sauf bien sûr dans les chasses gardées habsbourgeoises que sont l’Europe centrale, mais aussi l’Allemagne et l’Italie.&lt;br/&gt;Président là encore de facto de la confédération allemande, il y fait réprimer toute velléité libérale, y compris dans l’enseignement supérieur, mais ne peut empêcher certains souverains de promulguer des constitutions libérales comme en Bavière.&lt;br/&gt;En Italie, la ligne suivie est la même, mais la victoire du Chancelier est encore moins évidente puisqu’il doit obtenir l’autorisation de la Russie pour intervenir et a du accepter que les petits Etats traitent eux-mêmes certains de leurs intérêts au nom du principe de subsidiarité, seules les questions d’intérêt général relevant des grandes puissances.&lt;br/&gt;Totalement hermétique aux aspirations nationales Metternich fait parfois preuve d’une cruauté à froid étonnante, surtout lorsque des troubles surviennent aux confins de l’Europe.&lt;br/&gt;Ainsi apprenant la guerre d’indépendance grecque, il a ces mots : « Les Turcs égorgent les Grecs, les Grecs leur coupent la tête, voilà les nouvelles les plus agréables que j’ai apprises. C’est une question hors de la civilisation. ».&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mais, parce qu’elle est politiquement de plus en plus désuète, et qu’elle ne repose pas sur des institutions fortes et des intérêts consensuels, cette politique européenne inspirée et quasi incarnée par le chancelier de Habsbourg va être démentie par les faits à partir de 1830, puis définitivement condamnée en 1848.&lt;br/&gt;Depuis 1789, s’opposent en effet deux conceptions politiques de l’Europe irréconciliables à long terme et si le parti absolutiste de droit divin a cru gagner la partie depuis 1815 dans l’euphorie de la chute de Napoléon, le parti libéral et national va, après quinze années de mise en sommeil se rappeler de plus en plus durement à lui.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;2) Les répétitions du séisme révolutionnaire en 1830 et 1848, un nouveau défi européen pour les Habsbourg :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L’année 1830 fait figure en effet pour la dynastie autrichienne d’une répétition de 1789 et d’une préfiguration de 1848.&lt;br/&gt;Le nationalisme libéral progresse en effet sur tous les fronts européens, que ce soit en Espagne et au Portugal où de vieux rois absolutistes s’inclinent devant de jeunes reines libérales ; en France, où les Orléans arrivent au pouvoir, et surtout dans les défunts Pays-Bas autrichiens qui ressuscitent sous le nom de Belgique à la grande fureur de Metternich.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mais, par ailleurs, celui-ci est alors trop occupé à éteindre les incendies révolutionnaires dans la zone d’influence habsbourgeoise pour réagir.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En Italie, il doit utiliser la force, ce qui n’empêche pas le nationaliste Mazzini de qualifier l’Autriche de « symbole de l’immobilité et de négation du principe national », une accusation d’avenir qui sera pour beaucoup dans la chute finale de 1918.&lt;br/&gt;En Allemagne, autre pré-carré encore plus sensible, Metternich s’intéresse enfin à la Diète fantoche de Francfort en 1832, mais c’est aussitôt pour en faire un rouage de la centralisation autoritaire, puis en 1833, un instrument de police secrète avant, avant de parachever cette reprise en main en 1834 par la conférence de Vienne qui renforce considérablement la censure.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour autant il n’est jamais dupe du caractère pérenne de cet ordre public européen à l’autrichienne.&lt;br/&gt;Inquiet de l’émergence d’un nationalisme économique qui précède comme toujours en Europe la réforme politique, il craint « l’imagination active et exaltée des italiens », et surtout le Zollverein allemand, union douanière impulsée par la puissance allemande émergente : la Prusse.&lt;br/&gt;Il est frappant de constater en ces années 1830 l’éternel chemin qui prend toute unification européenne : des douanes au politique en passant par l’économique, même si pour l’heure, il ne s’agit que de faire émerger des Etats-Nation qui s’entretueront à plusieurs reprises pour ensuite se rapprocher à partir des années 1950.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En ce XIXème siècle, la force est en tous les cas à la base de toute géostratégie européenne, Metternich le sait , lui qui sent que l’Autriche n’est plus en Allemagne qu’un « corps étranger » destiné à être tôt ou tard expulsé par le rival prussien, dont le nationaliste Ranke dit de manière prémonitoire : « Nous avons à Berlin un Etat qui possède l’épée. Avec l’épée on peut blesser, on peut aussi guérir ».&lt;br/&gt;Quoiqu’il en soit, jusqu’en 1848, le chancelier n’a d’autre choix que de continuer à être le « gendarme de l’Europe », ou encore « le vieux médecin de l’hôpital du monde », celui qui garantit l’ordre et la paix sur le Vieux Continent.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ceci posé, au cœur même de l’Empire, il impose donc encore et toujours un conservatisme total en s’appuyant sur quatre piliers : l’armée, la police, l’Eglise et surtout la noblesse, et ce, aussi bien jusqu’à la fin du règne de François Ier en 1835 que sous « la monarchie absolue sans monarque » de l’incapable Ferdinand Ier jusqu’en 1848.&lt;br/&gt;Cet immobilisme gouvernemental réactionnaire n’empêche pourtant pas certains progrès, notamment en matière éducative, où Metternich craignait pourtant par dessus tout la tendance des sciences humaines à engendrer la contestation politique, d’où, par exemple, l’interdiction dans les facultés de Droit de l’enseignement du Droit naturel et de l’Histoire du Droit.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Peu à peu, pourtant, les revendications ressurgissent et progressent que ce soit en Autriche même, en ce qui concerne les libertés locales et la représentation nationale, ou surtout en Hongrie et dans les Pays Slaves.&lt;br/&gt;Ainsi en Hongrie, on oppose l’exception culturelle à la germanisation et on réclame sinon l’indépendance, du moins la réforme agraire et l’autonomie politique et administrative.&lt;br/&gt;Néanmoins, et ce sera plus tard un terrible handicap pour le réformisme habsbourgeois, les dirigeants hongrois refusent dans le même temps que Vienne en fasse autant pour les diverses nations slaves, et ce, alors que les champions de celles-ci exigent seulement une libéralisation dans l’Empire et, par voie de conséquence, de l’Empire lui même, cet austroslavisme constituant une chance européenne historique que les Habsbourg ne voudront pas et pourront pas saisir jusqu’en 1918.&lt;br/&gt;Qu’il s’agisse à l’échelle habsbourgeoise des Slaves de l’Est (la futur Tchécoslovaquie), de ceux du Nord (la Galicie polonaise), ou de ceux du Sud (la future Yougoslavie, moins la Serbie), l’Empire tenait pourtant là une occasion rêvée de se recentrer, de retrouver de la cohérence et de proposer au reste de l’Europe une autre alternative que le nationalisme et l’émiettement propice aux conquêtes des prédateurs, mais par manque d’audace réformiste, il est surtout resté une « prison des peuples » qui va frôler l’implosion en 1848 avant d’y succomber soixante-dix ans plus tard.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En 1848, le « printemps des peuples » constitue en effet pour les Habsbourg la répétition générale de leur disparition en tant que dynastie régnante, et une répétition qui, il faut le reconnaître, repose sur des principes qui apparaissent beaucoup plus exaltants que ceux promus par Metternich, mais aussi totalement contradictoires, du moins en apparence, avec la survie même de l’Empire.&lt;br/&gt;Il en va ainsi bien sûr de la Liberté, de l’Egalité, de la Fraternité chère à 1848, mais aussi et surtout du nationalisme, « le droit des peuples à disposer d’eux mêmes », ce que Renan appelle « le désir de vivre ensemble », et le juriste italien Mancini « une société fondée sur l’unité de territoire, d’origine, de mœurs et de langues, en conformité avec une communauté de conscience ».&lt;br/&gt;Dès lors, pour l’Empire, le danger est général et le rêve d’organisation européenne fondée sur l’idée de Mitteleuropa (l’Autriche plus la Confédération germanique) devient inaccessible.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Quoiqu’il en soit, encore une fois à partir de Paris le 22 février, la Révolution se propage et avec elle les revendications, la plus aboutie étant le programme hongrois en douze points du 15 mars 1848, à ceci près que es minorités en sont (déjà) exclues.&lt;br/&gt;Metternich ayant dû quitter la Chancellerie, c’est donc au fantoche Ferdinand 1er et à ses nouveaux administrateurs de faire face, tâche quasi-impossible, surtout pour eux.&lt;br/&gt;En Autriche, en effet, l’Empereur est confronté à la surenchère des contestataires et doit prendre la fuite, tandis qu’en Allemagne, la Diète de Francfort s’empare du pouvoir législatif tout en considérant le Tchèques comme quantité négligeable, réflexe dommageable qui ruine un peu plus le rêve de la Mitteleuropa. Enfin, pour clore ce panorama peu réjouissant, la Hongrie se radicalise comme à son habitude et décrète la levée en masse, ce qui effraye d’ailleurs ses minorités plus légitimistes, comme les Croates. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Plus généralement, l’Empire est donc en proie à l’anarchie, ce qui, autre paradoxe habsbourgeois constant, n’empêche pas le réformisme constructif de s’exercer.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A Vienne, le Parlement de Kremsier est en effet réuni et regroupe des représentants de toutes les nationalités désireuses en théorie de le doter d’une Constitution satisfaisante et qui sous l’impulsion de Palacky, le leader tchèque, ferait la part belle à l’austroslavisme.&lt;br/&gt;Le résultat s’avère largement positif avec le projet Mayer de 1849 qui concilie le maintien des pays historiques, le respect des nationalités non- historiques, l’égalité générale et un découpage en quatorze provinces mais sous couvert du principe d’unité et d’indivisibilité de l’Empire.&lt;br/&gt;En pleine situation révolutionnaire, la quadrature du cercle constitutionnelle a donc été surmontée, à ceci près que la révolution hongroise conduit le nouvel empereur François-Joseph à rejeter ce projet qui représentait pourtant une chance historique, les Habsbourg s’évertuant une fois de plus à rater les grandes occasions qui leur sont offertes.&lt;br/&gt;Il convient de souligner à sa décharge que tout juste promu, il n’avait guère d’autre choix que la répression face à la proclamation par Kossuth de la République hongroise l’intolérance magyare étant souvent ici à l’origine des occasions manquées.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Héritier d’un système metternichois toujours bien en place, l’Empereur de dix- huit ans incarne néanmoins aussi l’unique planche de salut pour tous ceux, et ils sont nombreux, que la Révolution effraye.&lt;br/&gt;Toutefois, ni la Constitution tronquée octroyée le 4 mars 1848, ni la répression militaire généralisée dans l’Empire et dans les zones d’influence ne sont des solutions d’avenir et tout est à refaire une fois l’Empire définitivement sauvé en 1849, notamment avec l’aide du tsar en Hongrie, à commencer par le problème constitutionnel.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Souvent décrit au cours de ses soixante-huit années de règne comme « le premier serviteur de l’Etat », conservateur, partisan de l’immobilisme et du statisme bureaucratique, François-Joseph, devenu Empereur le 2 décembre 1848 après l’abdication de son oncle, croit par dessus tout en sa devise « viribus unitis » (Forces Unies ) et entend cimenter autour de sa personne tout ce qui contribue à l’unité impériale, et le fait qu’il y soit finalement parvenu jusqu’à sa mort en 1916 n’est pas un mince exploit, à ceci près que cette personnification repose sur deux principes. Si en effet « l’Empereur ne pouvait survivre à l’Autriche », l’inverse vaut également et ce sera tout le drame de ses successeurs Charles et Zita.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour l’heure, en tous les cas, quelques progrès sont acquis grâce à l’Esprit de 1848, et ils ne sont pas toujours négligeables, comme l’abolition définitive du régime seigneurial, reforme sur laquelle François-Joseph ne reviendra pas.&lt;br/&gt;Mieux, ou plus surprenant encore, l’Empire semble s’être rapproché de la nouvelle norme européenne en matière de libertés fondamentales même involontairement et après 1848, il respecte l’abolition de l’esclavage, mais aussi le droit d’asile politique et les règles relatives à l’extradition.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Reste la principale difficulté pour les Habsbourg dans l’Europe qui se dessine : le principe des nationalités dont leur Empire est encore et toujours la négation même.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Fort heureusement pour eux, c’est encore surtout un principe politique alternatif plus qu’une vérité juridique à l’échelle européenne, toutes les puissances l’utilisant ou la violant par intérêt.&lt;br/&gt;De la même façon, le gouvernement autrichien peut opposer au droit à la sécession revendiqué par les Hongrois l’Union réelle (administration commune) et l’Union personnelle (souverain commun) qui cimentent non sans modernité l’Empire.&lt;br/&gt;Pour l’instant la solution autrichienne demeure donc viable et tolérée parce que la stabilité de l’Europe centrale en dépend et que les puissances n’hésitent pas à se montrer accommodantes quant à l’usage du droit d’intervention, quitte à violer les droits des nationalités.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;François-Joseph peut donc régner en s’appuyant sur le formidable conservatisme à l’œuvre dans la société habsbourgeoise, mais il a grand tort d’oublier pour autant l’avertissement formulé par Palacky, lequel constitue une belle leçon européenne : « l’Autriche est affaiblie et menacée parce qu’elle a méconnu le fondement moral de sa puissance qui est le respect des droits des divers groupes ethniques ».&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour autant, le même Palacky juge que l’Empire « devrait, s’il n’existait pas, être créé dans l’intérêt de l’Europe » et il a en effet pour lui des forces de cohésion (bureaucratie civile et militaire, Eglise et notables) qui, à partir de 1849, vont animer un néo-absolutisme qui, à l’occasion, ne néglige pas le réformisme.&lt;br/&gt;Certes, en 1851, l’Empereur abroge la Constitution pourtant largement insuffisante de 1849, et il encourage la centralisation autoritaire, le dogmatisme catholique et la germanisation.&lt;br/&gt;Néanmoins, autre paradoxe autrichien, le système habsbourgeois tient, sûrement parce que tout doit commencer en Europe par l’économie et que celle-ci, prospère, ce qui ne donne pas envie aux peuples de remettre en cause leur sécurité et les acquis sociaux de 1848 pour se jeter à nouveau dans le tumulte révolutionnaire.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En revanche, à l’extérieur, la diplomatie autrichienne semble avoir oublié l’habileté du Maître Metternich et elle sous-estime gravement la montée des nationalismes italiens et surtout allemands, tandis que c’est au nom du principe de l’équilibre européen que François-Joseph se brouille pour toujours avec les Romanov à propos de l’affaire de Crimée, ce qui ne sera pas non plus sans conséquences dramatiques en 1914.&lt;br/&gt;Force est en effet de constater qu’à compter de 1848-1849, les Habsbourg ne peuvent plus imposer voire incarner l’ordre public européen et que ce discrédit est encore accentué par l’insuffisance de leurs réformes internes.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Par manque d’audace François-Joseph n’a en effet pas réussi à entraîner son Empire dans la voie prometteuse du fédéralisme, et ce, en dépit du diplôme impérial de 1860, les surenchères des nationalités n’étant pas il est vrai pour rien dans cet échec.&lt;br/&gt;Dès le 26 février 1861, une patente impériale centralise même à nouveau l’édifice habsbourgeois en mettant en place un Parlement pseudo fédéral et bicaméral qui légifère en réalité pour tout l’Empire, même si sa formation restreinte ne traite que des affaires hongroises.&lt;br/&gt;Cette réformette a en effet tout contre elle, puisqu’elle met en place un dualisme tronqué bien en deçà des espérances hongroises, celles des autres nationalités étant purement et simplement niées, sans même parler des insuffisances du droit électoral et du parlementarisme de façade.&lt;br/&gt;Le mécontentement est donc général et cet immobilisme institutionnel va laisser des traces dans les consciences des peuples de l’Empire.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Quant aux affaires extérieures, catégorie depuis si longtemps particulière aux Habsbourg sur le sol européen, elles deviennent catastrophiques et n’ont même bientôt plus lieu d’être.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En Italie, vaincu à Solferino et Magenta, François-Joseph doit accepter l’unité nationale sous direction piémontaise.&lt;br/&gt;En Allemagne, l’héritier des Saints-Empereurs assiste d’abord impuissant à l’unification économique sous direction prussienne, qu’il ne parvient pas à contrer, puis, le piège de Bismarck se referme sur lui en deux temps : une victoire à la Pyrrhus contre le Danemark en 1864 et une défaite en rase campagne contre la Prusse en 1866 à Sadowa.&lt;br/&gt;L’Autriche est donc purement et simplement expulsée d’Allemagne et, à l’échelle européenne, ce triomphe des Etats-Nation la rend quasi-anachronique : tout est-il perdu pour autant pour les Habsbourg qui ont l’Europe dans leurs gènes ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La réponse, comme toujours dès qu’on s’intéresse aux Habsbourg et à leurs multiples possessions, se doit d’être nuancée.&lt;br/&gt;Si en 1866, l’Empire est contraint de se replier vers l’Europe danubienne, il y a aussi gagné en cohérence, selon la formule de Bismarck adressée à titre de conseil à François-Joseph&lt;br/&gt;: « Portez votre centre à Pest ». L’Empire garde donc toute son utilité géostratégique en Europe, il devient central et offre encore et toujours un cadre protecteur à ses nationalités face au double danger allemand et russe.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Facteur d’équilibre européen et barrière protectrice, l’Etat multinational habsbourgeois doit donc surtout réfléchir à un avenir, et le condamner sans appel équivaudrait à détruire la stabilité européenne, une leçon qui sera malheureusement volontairement oubliée en 1918, d’où les catastrophes qui s’en sont suivies en Europe centrale au XXème siècle.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Toutefois, en 1866, l’Empire, s’il doit renoncer à l’élargissement cher au cœur des Habsbourg, ne peut plus faire l’économie d’un approfondissement, c’est-à-dire d’une réforme institutionnelle et politique d’ampleur, autre leçon de choses européennes qui est toujours d’actualité.&lt;br/&gt;Ce formidable défi, comment François-Joseph va-t-il le relever, après avoir perdu déjà tant de temps, et en est-il capable, le veut-il ?&lt;br/&gt;La réponse à ces questions essentielles est connue, et le simple fait qu’elle existe est positif, à ceci près que la solution dualiste adoptée en 1867 est nécessaire comme point de départ mais pas suffisant : l’Autriche-Hongrie ne saurait être ci « la mère de toutes les réformes ».&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;B) Une solution nécessaire mais pas suffisante, le couple austro-hongrois :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Après le Saint-Empire en 1806, l’Empire d’Autriche disparaît à son tour en 1867 pour faire place à une nouvelle appellation que l’on confond souvent à tort avec l’ensemble de l’histoire politique habsbourgeoise alors qu’elle n’en constitue que le dernier avatar : l’Empire d’Autriche-Hongrie.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C’est en effet sous cette forme austro-hongroise que l’Etat habsbourgeois va continuer à vivre, d’aucuns disent à survivre, et qu’il va sombrer corps et biens cinquante et un ans plus tard en 1918, François-Joseph étant resté presque jusqu’au bout à sa tête.&lt;br/&gt;Finalement, ce dualisme austro-hongrois ne fait que pour une large part concrétiser et officialiser les rapports de force internes de l’Empire, considéré dans ses possessions danubiennes, et ce, depuis 1848 au moins.&lt;br/&gt;On doit donc admettre que le couple austro-hongrois est bien le moteur de la construction habsbourgeoise et que François-Joseph n’a guère d’autres choix que de s’y soumettre en 1867, sauf à éprouver de nouvelles et cruelles défaites, et cette fois-ci, jusqu’au cœur de ses Etats.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour autant, jamais ce couple austro-hongrois ne va s’avérer être un moteur réformiste suffisant et apte à répondre à des revendications internes, mais aussi externes de plus en plus virulentes.&lt;br/&gt;Faire le bilan de l’Autriche-Hongrie, sans même parler de sa fin guerrière et honteuse totalement contraire à l’idéal habsbourgeois, c’est donc souligner plus d’insuffisances que de réussites, même si celles-ci sont réelles (1), avec à la clef, une interrogation fondamentale qui vient dramatiser cet inventaire : l’Autriche-Hongrie n’est-elle pas étrangère à la tradition européenne habsbourgeoise par son esprit finalement très réducteur ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Toutefois, comme toujours avec les Habsbourg, la complexité, la nuance et le paradoxe ne sont pas absents dès qu’il s’agit de faire œuvre de synthèse.&lt;br/&gt;C’est pourquoi il importe aussi de relever à quel point l’Autriche-Hongrie suscite de nostalgie, et, au delà de celle-ci, à quel point le rôle politique européen des Habsbourg a été essentiel, une nostalgie qui peut d’ailleurs sans grande peine être appuyée sur des faits, d’où, aujourd’hui encore, l’actualité en politique européenne de la référence habsbourgeoise (2).&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;1) L’incarnation austro-hongroise de la monarchie habsbourgeoise, une réforme partielle :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Officialisée en 1867, la réforme dualiste de la monarchie des Habsbourg était déjà inscrite dans les faits et symbolisée par leur emblème dynastique : le fameux aigle bicéphale regardant à la fois vers l’Ouest et l’Est.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L’Autriche-Hongrie de 1867 est aussi surtout un Compromis devenu nécessaire entre le groupe austro-bohême et le groupe hongrois, c’est-à-dire, pour reprendre les termes de Jean Béranger , « une Union volontaire contre les nations (et surtout contre la nation hongroise) et le monarque habsbourgeois ».&lt;br/&gt;François-Joseph reconnaît en effet par ce compromis, qui l’est surtout pour lui, le droit à l’indépendance de la nation hongroise et accepte de se faire couronner “Roi apostolique à Pest », le maintien de la Hongrie dans l’Empire pouvant donc être défini comme un privilège consenti à l’Empereur, et non plus octroyé souverainement par celui-ci.&lt;br/&gt;Il voit donc son autorité et sa légitimité affaiblies, d’autant plus que cette union est peut-être désormais avant tout personnelle, cette Constitution de 1867 pêchant donc par manque de garanties juridiques réelles.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La monarchie est donc double, François-Joseph est donc Empereur-Roi, mais c’est le principe d’unité de l’Empire habsbourgeois qui est ainsi mis à mal avec l’émergence ce deux Etats d’ailleurs tous deux multinationaux séparés par un affluent du Danube, la Leitha, d’où leurs noms respectifs : la CISLEITHANIE ou Autriche avec 19 millions d’habitants dont 7 millions d’Allemands, et la TRANSLEITHANIE ou Hongrie avec 14 millions d’habitants, dont 6 millions de Magyars, seulement, serait-on tenté d’ajouter pour chacune de ces deux entités.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La grande gagnante de ce partage partiel est bien entendu la Hongrie désormais autonome, parlementaire et maîtresse de ses propres minorités.&lt;br/&gt;Certes, les grands ministères régaliens demeurent communs, et les deux monarchies non-étrangères en théorie l’une à l’autre, mais cette ligne de fracture est assez préoccupante de même qu’elle est frustrante pour les minorités de part et d’autre.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le Compromis, s’il constitue un progrès, ne saurait donc être que le point de départ de la réforme institutionnelle de l’union habsbourgeoise, et non son état de perfection ultime.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Toutefois, il importe de souligner ici les points positifs, un réflexe qu’il convient de ne pas oublier aujourd’hui encore à chaque avancée de l’Union européenne.&lt;br/&gt;Grâce à cette réforme, l’Empire devient un véritable régime constitutionnel, et même à double titre, ce qui contribue à son modernisme, d’autant plus que la séparation des pouvoirs est mieux respectée et que les droits fondamentaux sont partout garantis par l’Etat.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Est-ce à dire que les Habsbourg ont enfin réussi à concilier 1789 et le principe monarchique en Europe centrale ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La réponse se doit bien sûr d’être prudente puisque les grands perdants sont en 1867 les Slaves, et que le parlementarisme affiché est largement insuffisant, surtout en Autriche, sans même parler des carences du droit électoral.&lt;br/&gt;Outre ces imperfections, dans la lettre du Compromis, c’est peut-être son esprit qui pêche le plus par inégalité, puisque le texte de 1867 inscrit dans le marbre la discrimination aux dépens de tous ceux, et ils sont nombreux, qui ne sont ni Allemands ni Hongrois.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il aurait en effet été plus sage de suivre une voie plus aboutie, comme celle proposée par le Comte Belcredi en 1862 avec comme principe une stricte égalité entre tous les peuples de l’Empire conformément à la règle : “une nationalité = une nouvelle Couronne pour François-Joseph“.&lt;br/&gt;Plus généralement, il aurait été plus avisé de ne pas oublier que l’Empire est bel et bien une triple identité : autrichienne, hongroise mais aussi slave, une triple monarchie étant donc indispensable à terme.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour preuve, la question des nationalités, loin d’être résolue en 1867, ne va pas cesser de s’amplifier, confirmant la nature hétérogène de l’Etat habsbourgeois, qui se doit de prendre en compte les trois groupes d’interlocuteurs qui en font la substance.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les groupes ethnolinguistiques tout d’abord, à savoir « des nations non historiques qui ne bénéficient pas d’un droit d’État et ne constituent pas depuis le Moyen Âge les cadres d’un État national ».&lt;br/&gt;En 1910, on en recensera pas moins de douze représentant ensemble 60% de la population et cette importance considérable explique leur soif grandissante de reconnaissance institutionnelle, leurs revendications, de culturelles tendant à devenir sociales, puis politiques, processus sempiternel menant tout droit à l’indépendance, à moins que la réforme soit à la hauteur de l’enjeu.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le deuxième groupe constitutif est quant à lui composé des cinq nations historiques (Allemands d’Autriche, Hongrois, mais aussi Croates, Tchèques et Polonais de Galicie) lesquelles ne sont pas toutes, loin de là, placées sur un pied d’égalité en 1867, ce qui souligne la carence d’une monarchie réellement confédérale.&lt;br/&gt;Bénéficiaires d’un droit d’État, soit « l’ensemble des privilèges qui maintiennent l’indépendance de la nation face à la dynastie étrangère », elles souffrent en réalité de discriminations externes quand on compare leur statut au sein de l’Union habsbourgeoise, et de discriminations internes puisque leurs supposés privilèges opposables sont confisqués par leurs membres les plus influents, sans compter leur impossibilité de faire jouer trop avant un droit d’État qui menace l’existence même de la monarchie.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Enfin, François-Joseph doit aussi compter avec les groupes ethnolinguistiques qui entendent être rattachés à un État étranger regroupant la majorité de leurs compatriotes, ce qui préfigure déjà les nationalismes sanglants du XXème siècle.&lt;br/&gt;A titre d’illustrations, citons les Allemands d’Autriche et des Sudètes, les Italiens de Bosnie-Trentin et de Frioul, les Serbes de Bosnie-Herzégovine (et plus généralement les Slaves du Sud attirés en partie par la Serbie), et enfin les Roumains de Transylvanie.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Compte tenu de ce panorama, l’existence de la monarchie habsbourgeoise tient donc presque du miracle, et cette extrême diversité de peuples, de langues et d’intérêts rend sinon impossible, du moins extrêmement difficile toute réforme institutionnelle alors que le dualisme va pourtant s’efforcer de survivre et de s’améliorer, ce qui constitue pour la dynastie un nouveau tour de force.&lt;br/&gt;Jusqu’en 1914, des deux côtés de la Leitha, la vie publique suit en effet son cours avec un parallélisme certain, à savoir des tentations libérales puis un retour à l’ordre conservateur, schéma politique bien connu et il est vrai conforme à l’esprit Habsbourg.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En Cisleithanie, tout d’abord, la vie politique jusqu’en 1879 est en effet dominée par les libéraux, mais, paradoxalement, l’immobilisme et la centralisation administrative sont alors la règle. &lt;br/&gt;Par voie de conséquence, les institutions de 1867 souffrent donc toujours ici d’un déficit démocratique et parlementariste.&lt;br/&gt;Toujours aussi étrangement, cette période libérale dans le groupe austro-bohême est aussi celle de l’échec de l’Austroslavisme, et c’est une lourde hypothèque pour l’avenir de la monarchie puisque François-Joseph ne devient pas Roi couronné de Bohême et que la Nation tchèque ne se voit pas toujours pas reconnaître un droit d’État. Or, un couronnement praguois assorti d’un serment-contrat est pourtant la seule voie possible pour aboutir à une monarchie trialiste.&lt;br/&gt;De manière toute aussi surprenante, c’est sous l’ère conservatrice que jusqu’en 1914, le groupe cisleithanien va connaître le plus de novations politiques, notamment en matière de bilinguisme institutionnel, le problème des langues officielles étant toujours crucial en Europe.&lt;br/&gt;De la même façon, des progrès significatifs sont alors obtenus en droit du travail et se met en place un véritable embryon de régime social en ce qui concerne les retraites et l’assurance maladie.&lt;br/&gt;En ce qui concerne maintenant les droits politiques, leur reconnaissance aboutit en 1906 à l’instauration du suffrage universel, après il est vrai de nombreuses péripéties.&lt;br/&gt;On ne peut donc parler de 1867 à 1914 de dictature, mais d’une évolution typiquement habsbourgeoise qui, aux grandes envolées lyriques et aux réformes spectaculaires, préfère les changements tactiques et pragmatiques, une voie qui ressemble étrangement à l’actuel processus européen. &lt;br/&gt;Toutefois, handicapée en Cisleithanie par les extrémistes allemands et tchèques et freinée par l’intolérance hongroise, cette politique « des petits pas » est aussi celle des occasions manquées et des rancœurs accumulées et il est question d’en dresser le bilan en 1914.&lt;br/&gt;Et ce, d’autant plus que dans le groupe hongrois, le parti libéral, lui aussi au pouvoir dans un premier temps jusqu’en 1875 n’est pas non plus parvenu à libéraliser justement le Compromis.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L’état d’esprit en Transleithanie peut se résumer ainsi, et il vaut également pour la Cisleithanie : « Gardez vos hordes, nous garderons les nôtres ! »&lt;br/&gt;Le sort des minorités nationales apparaît donc peu enviable, surtout côté hongrois, avec une exception : la relative autonomie accordée en 1868 à la Croatie.&lt;br/&gt;En conséquence, l’immobilisme prévaut jusqu’en 1875, date à laquelle les conservateurs arrivent aux responsabilités.&lt;br/&gt;Malheureusement, à compter de cette date, les choses empirent avec une politique de magyarisation à outrance fondée sur la centralisation et la discrimination aussi bien politique que juridique et sociale.&lt;br/&gt;« L’égoïsme ardent des Magyars » dénoncé par Bismarck lui-même est donc doublement problématique, puisqu’il conduit à une réaction en Transleithanie et à l’immobilisme pour toute la double monarchie.&lt;br/&gt;À partir de 1890, François-Joseph tente d’ailleurs de se montrer à nouveau plus interventionniste dans le Royaume de Hongrie et plus réformateur pour tous ses États, mais il ne parvient pas à surmonter ces pesanteurs diverses et variées, qu’il a lui-même longtemps cautionné par son attitude.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En 1914, le dualisme ne constitue donc pas une réussite éclatante, et il demeure un point de départ réformiste insuffisant à faire face au défi des nationalités.&lt;br/&gt;Certes, les progrès sociaux, les avancées consenties ponctuellement, la relative bonhomie du régime, notamment à l’égard des Juifs, et surtout la prospérité économique jusqu’en 1914 ont permis au Compromis de fonctionner tant bien que mal, mais les principaux enjeux ne sont toujours pas résolus.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Plus grave encore, ce manque d’audace réformiste contribue à radicaliser le débat politique et à faire émerger des doctrines qui entendent bien provoquer à terme la disparition de la double monarchie.&lt;br/&gt;Il en va ainsi du « panmagyarisme » et surtout du panslavisme et du pangermanisme que le poète allemand Arndt définit comme « le droit de l’Allemagne, grâce à la collaboration de tous les Allemands », y compris bien sûr ceux de l’Union habsbourgeoise.&lt;br/&gt;Cette volonté de faire survenir un espace « grand allemand » est d’autant plus dangereuse qu’elle peut dorénavant s’appuyer sur un échiquier politique de plus en plus varié.&lt;br/&gt;Effrayé, François-Joseph fait d’ailleurs tout pour en combattre les leaders Schönerer et Weger, lequel devient pourtant maire de Vienne en 1907, en dépit des efforts de l’Empereur pour le contrecarrer, le vieux souverain n’ignorant pas que ces extrêmistes sont ses ennemis mortels.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Plus préoccupant encore pour le vieil Empereur Roi, de nouveaux partis politiques émergent qui ne sont plus prêts à aucun accommodement et veulent tirer toutes les conséquences territoriales des revendications nationales, à l’image des pangermanistes, des Jeunes Tchèques ou du parti social-démocrate qui existe auprès de chaque nationalité.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;À l’heure où la Grande Guerre survient, la montée des périls est donc tout à fait défavorable à la voie habsbourgeoise de l’organisation européenne, mais, encore une fois, un examen plus approfondi s’impose.&lt;br/&gt;Pour caractériser l’Autriche-Hongrie au cours de la Grande Guerre, l’historien Schultzberger, auteur de « la chute des Aigles », parle de manière tout à fait appropriée d’une « valse au bord du gouffre » et résume ainsi ces années terribles : quand « les lampes s’éteignirent ».&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour autant, en 1914, l’Autriche-Hongrie ne manque pas d’atouts, en dépit du caractère de plus